Corcinos Julien - Généalogie de Mosset

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

Corcinos Julien

Mossétans > Biographies > Biographies A - C

Julien Corcinos (1745-1820)
Batlle - Maire - Conseiller



Julien Corcinos est né en 1745 à Mosset.
Il est le fils de Joan Miquel "Thomas" Corcinos (1714-1767) (Sosa 360), voiturier, consul en 1751 et clavaire en 1758, âgé de 30 ans en 1745  et de Marie Anne Llopet (1715-1771) (Sosa 361).
Les ancêtres des générations précédentes étaient voituriers (Traginer).
Depuis le  XVIIe siècle les relations avec les d’Aguilar sont excellentesson grand père Pere Thomas Corcinos (1689-1745) (Sosa 520) a été batlle de Mosset, de 1738 à 1748, pour Jean Margarit Marquis d’Aguilar, oncle de Jeanne de Margarit.
Son père a été témoin à la signature du contrat de mariage en 1755 à Perpignan. entre Jeanne et Pierre Ignace de Bon, qui deviendra maire de Perpignan en 1792 et sera le dernier seigneur de Mosset..
Sa mère, originaire de Sahorre est la sœur de Marie llopet (Sosa 201), mariée à Isidore Porteil (1727-1778) (Sosa 200) cordonnier de Mosset et de Grâce (Sosa 199) mariée à Jaume Bès (1732-1800) (Sosa 196) puis à son frère Joseph Bès (1734-1805) (Sosa 372). Le père de ces 3 sœurs engendra donc 3 filles ancêtres directes des 3 enfants Pares Garrigo.

Il est le frère de 9 enfants dont 5 ont survécu
- Corcinos Marie Rose Anne  (1740)  mariée  avec Jean Bonet puis avec François Danis de Ria.
- Corcinos Isidore (1753) marié avec  Catherine Bonamic de Mosset.
- Corcinos Joseph Jean (1753-1839) marié è Jeanne Laville (1747) veuve de Jacques Arago (1732-1781)
- Corcinos Grâce mariée à Jean Fabre (1746) de Molitg
- Corcinos Jacques Jean (1758) marié à Marie "Rose" Bès (1754-1830) de Ria.

Il épouse Rose Laguerre (vers 1740-1773) de Campôme, fille de Miquel Agusti Laguerre, pages et de Maria "Margarita" Francisca Pajau, le 10 mai 1769  à Mosset. Sont témoins"François" Arrus, pages Joseph Vilanova, tisserand, Joseph Pares, chirurgien.
Ce couple aura quatre enfants dont deux survivants :
- Michel "Thomas " Corcinos (1770-1844) marié à Fabre Luce (1773-1835)
- Marie Anne Corcinos (1771-1845) (Sosa 65)  mariée à Etienne Pares (1767-1813) Sosa 64  puis à Jacques Dirigoy (1787 - vers 1840)
Deux enterrements et un mariage
Le 4 mars 1773 il perd son épouse Rose. Le lendemain 5 mars 1773 il perd sa fille Lucie, âgée de 3 mois. Les 2 décès sont probablement liés. Il a 28 ans et 3 enfants vivants. Le fils aîné a 3 ans.  
Le 8 mai 1773, soit moins de 2 mois plus tard, il épouse Marie Catherine Russa (1747-1824) (Sosa 171) de Molitg, fille de Joan "Baptista" Rousse, pages et de Catherine Py (1717) de Aytua.

Ce second couple aura six enfants. Deux ont survécu :
- Jean "Baptiste" Pierre Corcinos (1774-1848)  (Sosa 104) marié à Françoise Matheu (1784-1850)
- Marie Rose Corcinos(1786-1850) mariée à Pierre Dominique Dimon (1786-1865)
- Marie Catherine Corcinos (1776 - Après 1827) (Sosa 85) épouse Gaudérique Porteil (1779-1850) (Sosa 84) maire de Mosset de 1824 à 1828

Confronté à la Justice à 20 ans
(ADPO 11 BP 498)
Le 10/09/1765, à la requête de  Mathieu Bonamich (1717-1789) berger, il fait l’objet, avec d’autres mossétans, d’une enquête qui concerne aussi sa mère Marie Anne Llopet
Enquête de la Justice de Prades - le 10/09/1765 - à la requête de Mathieu Bonamich (1717-1789) berger, contre Barthélemy Saget (1667) brassier de Campôme, Isidore Laplasse (1733-1786) pages de Campôme, Baptiste Vidal (Sosa 314) brassier de Mosset, Mathieu Prohom (<1710-1773) pages et consul de Mosset, Catherine Canals fille de Gaudérique Monceu brassier de Mosset, François Cortie (1729-1773) voiturier de Mosset, Rose Cabanaix née Portell (1737-1816) épouse de Jean Cabanaix (1738-1818)  de Mosset, Françoise Fabra de Mosset, Emmanuel Pages (1711- vers 1790) de Mosset et contre Marie Anne née Llopet (1715-1771) et Julien Corcinos (1745-1820) mère et fils (le dossier contient 10 pages)

Il est témoin assigné dans d’autres affaires de justice
- le 11/12/1771 dans un différent qui oppose Isidore Monceu à Mathieu Bonamich.
- le 13/12/1771 dans un différent qui oppose Isidore Pajau  à Sauveur Cabanaix et Maurice Cabanaix, mère et fils, et à Jean Bruzi

Isidore Monceu contre Mathieu Bonamich
(ADPO 11 BP 261)
Les témoins assignés le 11/12/1771 sont : François Julia, 52 ans, brassier de La Carole à Mosset, Pierre François Arrus, pages, 17 ans, Mosset, fils de Pierre François Arrus, Michel Vila dit Gatet, laboureur, 50 ans, Molitg, Julien Corcinos, pages, 26 ans, Mosset, Pierre Boher, brassier, 40 ans et Hyacinthe Mario, brassier, de Mosset, 53 ans,

Isidore Pajau contre Sauveure Cabanaix et  Maurice Cabanaix; mère et fils, et Jean Bruzi. (ADPO 11 BP 261)
Les témoins assignés le 13/12/1771 sont  : Jacques Lavila, pages, 50 ans, Mosset, Julien Corcinos, pages, 26 ans, Mosset, parent par alliance au dit Pajau, étant marié à une nièce du dit Pajau c'est à dire à une fille de la sœur du dit Pajau

L’homme politique
A 42 ans Julien Corcinos est représentant du Tiers État à l'Assemblée provinciale du Roussillon à Perpignan (11/1787). (Mosset vieille cité de Jacques Ruffiandis 1970 – Tramontane - P 68)

Un an plus tard, le 04/03/1788, il est nommé batlle, le poste étant vacant depuis le décès de Jean Thomas le 26/01/1788 (ADPO BP 261). Il conserve le titre jusqu’en 1790 date à laquelle Isidore Lavila (1758-1825) et Joseph Porteil (1752-1824) se succéderont comme maire. A son tour, le 20/03/1793, il devient maire de Mosset. Mais que pour quelques mois. En effet après l’invasion espagnole et pour se plier à leurs exigences il retrouve le titre de batlle de l’ancien régime, ce qui lui vaudra sa destitution comme maire au départ des espagnols.

Voici un acte curieux qui mentionne les attributions des clavaires et du sous baille et montre qu'il y avait parfois conflit entre leur autorité et celle du baille qui lui tenait celle-ci du seigneur et parfois en abusait impunément :
Clavaires et batlle en 1788 « L'an mil sept cent quatre vingt huit et le vingt et deuxième jour du mois de décembre en la ville de Mosset dans la maison de ville. Nous Maurice Cossey (1726->1807) et Léon Ville (1745-1821) clavaires de police de la dite ville à la Réquisition de Joseph Pajau (1734-1794) brassier habitant à la susdite ville disant que lhobergiste nommé Jacinthe Estéba  (1730-1794) et boulanger a refusé de vendre du pain au sus dit Pajau.
Environ huit heures du matin et nous Clavaires susdits avec le Requérant nous sommes transportés à Lhoberge lui disant de Vendre du pain au Requérant et qu'en notre présence lui a refusé. Et à ce refus nous Lui avons Déclaré l'amende de six livres payables au même jetant lequel a répondu de lui donner assignation. En conséquence nous l'avons fait pignorer par le sergent crieur de notre Comté nommé Julien Prats je quel lui a pris une casserole et une padelle lesquelles pièces sont entre les mains du susdit sergent pour en Rendre Compte... Le jour même de cette saisie Julien Corcinos
(1745-1820) qui prend toujours la qualité de batlle fit menace au sergent qui en était pourvu de le mettre en prison sil ne lui remettait les effets saisis .Le sergent qui se trouve Come vous savais sous baille intimidé par cette menace n'osa le lui refuser et par ce moyen ledit Corcinos rendit comme inutile la justice sommaire des sieurs Clavaires. Comme le mauvais exemple est toujours très pernicieux et que si nous n'empêchons pas de pareils abus dès leur naissance bientôt d'autres personnes voyant que le susdit Corcinos a empêché impunément le Cours de ta justice des officiers de police vont entièrement mépriser autorité des officiers municipaux et nous le verront même désobéir lors qu'il sera question des affaires royales. »
Le baille ne manquait pas à l'occasion de défendre souvent malgré les usages locaux, les revenus des banalités seigneuriales ; à Mosset le cabaret était propriété du seigneur ; voici à ce sujet, la suite du procès-verbal cité ci-dessus :
«  Je dois encore vous dire que le 2 novembre dernier jour du marché,, Julien Prats
(1747)  sous baille et s'étant saisit en pleine rue a Teresa Alzeu (née en 1777 et n'avait donc que 11 ans) une bouteille remplie de vin en ayant été instruit je Donna une réprimandé audit sous baille de son audace, il me répondit que c'était Corcinos qu'il lui avait ordonné de la lui prendre sous prétexte quelle ne venait pas de l'acheter au Cabaret vous savez Mrs qu'il est Libre même suivant les criées et l'usage a un Chacun de vendre et d'acheter le jour de jeudi c'est sans doute le désir de faire augmenter Les Revenus du Cabaret se trouvant lui même Caution et associé à L'afferme des revenus que M. le Marquis d'Aguilar a dans Mosset qui le portent a chercher a faire perdre les Droits de la Communauté. » (Mosset vieille cité de Jacques Ruffiandis - Édition 1970 - Tramontane - Page 57- Mosset Registre Consulaire)
Commentaires :
1 - Corcinos qui a représenté le Tiers État à l'Assemblée provinciale du Roussillon à Perpignan (11/1787) y côtoyait Pierre d'Aguilar. Après le décès de Jean Thomas le vieux batlle, le marquis nomme Julien Corcinos comme successeur.  
Le rôle du batlle est à la fin du XVIIIe siècle presque essentiellement de défendre les intérêts du Marquis. Le remarque des clavaires : « qui prend toujours la qualité de batlle » ne peut s'expliquer que dans la mesure où le batlle précédent malade n'exerçait plus ses fonctions. Le batlle disparaîtra, après la nuit du 4 août 1789 et à Mosset le 01/04/1790 avec la prise de fonction du maire Isidore Lavila.
2 - Le sous baille Julien Prats (1747) n'est que garde forestier, probablement sous les ordres de Jacques Pompidor.
3 - Maurice Cossey (1724-1812) et Léon Ville (1746-1821) (Sosa 80), clavaires sont chargés de la police locale sous les ordres des consuls.
IL figure sur la liste des notables communaux établie le 8 Messidor An IX (27.6.1801) qui payent des impôts et sont seuls autorisés à participer aux élections.

Invasion espagnole de 1793
A la suite de la décapitation de Louis XVIII, l’Espagne déclare la guerre à la France. Le sud du Roussillon est envahi.
Le 16 août, 1800 Espagnols quittent Prades en 3 colonnes. Et le 17 août 1793, ils arrivent devant Mosset en trois colonnes comprenant un millier de fantassins, sans artillerie. La garnison comprend une compagnie du régiment Boulonois (7 Régiment) commandée par le capitaine Chalvasson et placée dans le château, plus quelques centaines de volontaires et de miquelets établis sur la hauteur qui commande la place. Vers la Tuilerie quatre pièces de canon soutiennent les assiégés. Quant à la population, elle s'est sauvée vers les hauteurs. Une défense bien organisée pouvait arrêter l'ennemi sous les murs de Mosset. Or, quand il se présente, Chalvasson hisse le drapeau blanc, se rend avec sa compagnie, tandis que les volontaires se battent avec bravoure et empêchent l'ennemi de déboucher de Mosset ; un canon est encloué, un autre emmené par ses servants.
Une quarantaine d’Espagnols furent tués par l’explosion d’un magasin à poudre lors du pillage du bourgles Français eurent 15 tués et 137 prisonniers, dont Escanyé, ancien député.
La colline située au nord de Mosset où étaient placées les 4 pièces d’artillerie s’appelle depuis «El serrat de las peces»des pièces.
La reconnaissance sur Montfort que le Général Crespo, commandant les forces ennemies dans le Conflent, veut tenter, échouera. Les Espagnols craignant que Mosset devienne pour eux une souricière se retirent sur la hauteur d'Estardé, emmenant quelques otages liés avec des cordes, dont Escanyé, l'ancien député de l'Assemblée Législative.
Le 19 août, Crespo expédie un ultimatum brutal à la population de Mosset, lui ordonnant de «nommer un bayle et des consuls qui soient porteurs de leurs délibérations pour se soumettre et être fidèles à la religion catholique et au roi d’Espagne, sous deux jours de temps, faute de quoi la ville sera brûlée et réduite en cendres ».
Julien Corsinos, le maire, et trois conseillers, Cossey Bonaventure (1732-1813) (Sosa 382) maréchal ferrant, Jean Not et Isidore Pineu (1757-1821), consuls, pressés par la population se dévouèrent et acceptèrent de représenter leurs concitoyens. Ils feignirent d'agréer les conditions du vainqueur.
Le 17 septembre 1793, un mois après leur arrivée, les Espagnols déguerpissaient de la vallée, chassés par un détachement de troupes de réquisition armées de piques, venu de Sournia et commandé par l'adjudant général David.
Julien Corcinos reprend son habit de maire. Le Dimanche 22 septembre 1793  à Mosset, il est officier d'état civil au décès de "Rosa" Bosquet (Sosa 129).
Mais le 29 septembre 1793, Onufre Saleta, J. Rougé et Pierre Thomas (1765-1814) de Molitg, commissaires envoyés par le représentant du peuple Cassanyes, viennent faire une enquête sur le civisme de la population durant l'occupation.
Ils commencent par faire nommer un nouveau Conseil municipal, présidé par Prats Joseph (1742-1814), puis prescrivent une instruction sur l'attitude du bayle et des consuls durant le séjour des troupes espagnoles.
Le 1 octobre 1793, Prats réunit le Conseil de la commune. Le maire rappelle dans quelles dures conditions furent choisies les consuls et le bayle « lors de l'invasion des satellites espagnols, comment ces citoyens acceptèrent leurs places au risque d'être durement punis ; comment ils ont regardé avec indignation les ordres qu'ils ont reçus ; comment au cours de leur consulat ils n'ont jamais refusé asile aux Français... Or les dits craignent les rigueurs de la loi du 12 septembre 1793 qui punit de mort tout sujet qui accepte des places du régime espagnol et ce ne sont pas les Espagnols qui les ont nommés, niais bien le peuple de Mosset. Le Conseil espère que la sus-cité n'aura pas d'effet ». Ce qui eut lieu.

Une deuxième enquête fut faite sur la situation de l'ex-député Sébastien Escanyé, emmené d'abord comme otage, puis relâché lors de la retraite ennemie. Le Il messidor an II de la République, sur les dépositions de François Salies appartenant au service de la Nation, et de Pierre Fort, tous deux citoyens de Braises, arrêtés eux aussi par les despotes espagnols, et témoins de la fermeté d'Escanyé durant sa courte captivité, le Conseil de Mosset décerna séance tenante un certificat de civisme à celui dont « la conduite depuis le commencement de la Révolution n'avait donné le moindre doute sur son patriotisme ».

Le 19 nivôse 1793, soit le  8 janvier 1794, sont élus les douze membres du Comité de surveillance de Mosset. Le 1 messidor an Il entre en fonctions le Comité de surveillance du canton, présidé par Pierre François Arrous. (Mosset Vieille Cité” de Jacques Ruffiandis  Tramontane 1970)
Il figure sur la liste des citoyens qui ont accepté des places ou exercé des fonctions publiques pendant l’invasion espagnole.


Juge de Paix à Mosset (ADPO 100 EDT48)
L’an II de la république (19-11-1793), 9 heures du matin, Julien Corcinos (1745-1820), assesseur, faisant la fonction de juge de paix, parce que le citoyen Maurice Matheu (1732-1812) (Sosa 210) s'est récusé comme fermier du terroir de Mosset.
Ont comparu les citoyens Gaudérique Daixone (<1764) et Bonaventure Castanyé (1761), cultivateurs d'Urbanya, lesquels nous ont dit se présenter devant nous pour réclamer 65 bêtes à laine qui leur furent saisies le 16 du courant mois, (dé) paissant dans le terroir de Mosset  à la partie appelée "Sarradère", par Jean Sarda (1726) dit "Catinat", garde champêtre du dit terroir assisté d'un nombre de  citoyens de Mosset,  bestiaux sont au pouvoir de la municipalité. Ils nous ont dit en même temps qu'ils sont bien aises de retirer les dits bestiaux moyennant caution,
Ont également comparu devant nous les citoyens Martin Climens (1750-1828) et Maurice Cossey (1726->1803), officiers municipaux qui ont répondu qu'ils sont prêts à faire remettre les bestiaux ci-dessus réclamés moyennant que les demandeurs présentent une caution solvable pour payer tous les frais de la saisie en question, dommages et amendes et tout ce à quoi ils peuvent être sujets conformément aux lois.
En conséquence les sus dits Bonaventure Castanyé  et Gaudérique Daixone ont présenté pour caution Barthélemy Fourcade (<1771->1808), citoyen de Urbanya, lequel s'est obligé et oblige solidairement le dit Fourcade pour les autres et à payer tout ce qui sera de droit.
D'après la présentation de la caution ci-dessus, les susdits officiers municipaux l'ont acceptée de le croyant solvable et, à cet effet, ils ont ordonné au garde champêtre sus mentionné de délivrer aux réclamants les 65 bêtes à laine dont ils est question, et tout en suite les susdits demandeurs ont déclaré avoir reçu des mains du susdit garde champêtre le nombre des bêtes à laine sus mentionnées de tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir. Lequel a été signé par le citoyen Martin Climens, officier municipal, Barthélemy Fourcade et les autres comparants ont déclaré ne savoir écrire, de ce en quoi lequel a été lu et publié en présence des parties.
Fait en notre demeure à Mosset les jours et heures ci dessus.
Signé Corcinos, Climens, Seguy greffier.
Enregistré à Prades le 06-11-1793."

Conseiller municipal (ADPO 2OP2261)
Le 11 novembre 1816 Julien Corcinos, membre du conseil municipal, démissionne. Il  est remplacé par son fils Baptiste.

L’entrepreneur
En affaire, il est lié aux Matheu avec lesquels il a des relations privilégiées et durables. On assiste à des garanties réciproques par cautions croisées.
Lors de la signature du bail afferme des biens du seigneur à Mosset en 1787 avec Maurice Matheu (1732-1812) (Sosa 210), Julien Corcinos apporte sa caution. Inversement et à titre de réciprocité, la même année, Maurice Matheu se constitue caution dans la bail afferme à l'avantage de Julien Corcinos pages à Mosset, concernant un bien à Brezes, pour une durée de huit ans à compter du 1er mai 1788 et donc jusqu'au 30 avril 1796. Le bien qui fait partie de  l'abbaye de saint André de Jau, appartient à l’ordre de saint Benoît, et le preneur aura la faculté de se servir et d'user de la maison de ladite abbaye sise à Mosset [Maison de l’Escaler del Jutge). Le prix est de 820 livres par an. (ADPO 3E 5/96 folios 196 Notaire Sauveur Jaume).
Ces arrangements financiers furent confirmés en 1801 par le mariage de Baptiste Corcinos (Sosa 104) fils de julien avec Françoise Matheu (Sosa 105) fille de Maurice.

Bail afferme (3E15/96 folio 196 Sauveur Jaume)
Bail afferme d'une durée de huit ans à compter du 1er mai 1788 jusqu'au 30 avril 1796 à l'avantage de Julien Corcinos pages à Mosset concernant un bien à Brèzes.
Le bailleur est fondé de procuration  (par acte du 17 juillet 1784 chez Poncet et Raynaud notaires à Bourges.) Monsieur Charles Jules René Ménard de Chouzy, prêtre du diocèse de Paris, chanoine d'honneur de l'église cathédrale de Bourges, vicaire général, commanditaire de l'abbaye de saint André de Jau, ordre de saint Benoît, diocèse de Perpignan, demeurant actuellement à Nîmes.
Le preneur aura la faculté de se servir et d'user de la maison de ladite abbaye sise à Mosset. Le prix en est de 820 livres par an. Le sieur Maurice Matheu s'est constitué caution.

Propriété à Monseriu et le prat de l'orry
Vente des biens de d'Aguilar
Une pièce de terre champ et pré « Monseriu et le prat de l'orry »
1- Estimation du bien le 30 ventôse an II (20 mars 1794) (ADPO 1Qp159)
L'estimation a été faite par Joseph Porteil (1752 -1824) et Sébastien Comenge (1753-1812) de Mosset, commissaires experts nommés par le directoire du district de Prades le 16 octobre 1793. Ils se sont accompagnés de Climens (Martin ? 1750-1828) et Rousse (Emmanuel ? 17421808) de la municipalité de Mosset.
Description
Lot 1 - champ et prés confrontant :
- d'orient, le ravin ou « correch » de « la grange, »
- du midi, Corcinos Julien (1745-1820) et le ravin qui descend du « Nio de l'asto »,
- du couchant, le même ravin,
- de septentrion, le jalon N°1 et les vacants.
Estimation : 1900 livres.
Surface : 65 journaux.
Lot 2 - champ avec garrigue et prés confrontant :
- d'orient, le ravin ou correch de la grange,
- du midi, avec le jalon N°2.
- du couchant, le rocher qui forme la division de cette terre avec les vacants,
- de septentrion, Corcinos Julien
Surface : 65 journaux.
Estimation : 1850 livres.
2 - Vente

En 1799 on dénombre à Mosset 3 moulins à farine,1 moulin à scie, 2 martinets à fer dont un est en construction et 2 forges. Julien Corcinos possède une part importante de ces industries qui exploitent l’énergie de la Castellane. Il en est devenu propriétaire par achat aux enchères des biens nationaux  ayant appartenu au seigneur de Mosset. (Voir JDM N°48 de mars 2006)

Forge haute ou de l’Anech  (ADPO L380)
Le 21 thermidor an III (8 août 1795) Julien Corcinos a acquis aux enchères la forge de l'émigré Aguilar vendue comme bien national. L’année suivante, le 15 pluviôse an IV (4 février 1796)  une lettre de Thomas nous apprend qu‘une seule forge fonctionne à Mosset. C’est celle de Julien Corcinos. Elle n’emploie que 3 ouvriers : 2 commis de 20 ans (Bonaventure Matheu (1775->1834),  Baptiste Corcinos (1774-1848) fils de Julien - Sosa 104) et 1 voiturier (François Freu (<1784->1824)). (Voir texte sur la vente)
Cette forge est située à la distance de 3000 mètres au-dessus de Mosset.
La prise d’eau est à la distance de 200 mètres. La retenue est simplement formée de gros cailloux. Elle appartient en 1799 aux citoyens Julien Corcinos de Mosset  qui l’ont acquise de la République pour 291000 livres. Elle portait alors le nom de La Ferrerie. Julien Corcinos s’associera avant 1799 à Maurice Matheu.

Vente de la moitié des forges (ADPO 3E23/68 Folio 94 Notaire Pierre Bordes )
Le 08/06/1812 Julien Corcinos propriétaire à Mosset vent à perpétuité à Bonaventure Matheu propriétaire à Mosset, fils de Maurice, la moitié indivise d'une forge et martinet, que Corcinos possède à Mosset et provenant de l'Aguilar.
Elle appartient au vendeur par l'acquisition qu'il en a faite par l'adjudication du district de Prades le 21 thermidor an III (8 août 1795 ) enregistrée au district de Prades le deux frimaire an IV de la République française (23 novembre 1795).
La vente concerne la moitié de toutes les appartenances et dépendances, servitudes actives et passives aussi bien que la moitié de tous les outils instruments qui s'y trouvent telles que gros marteau enclume tenaille etc.
Le prix en est de 4000 F.
Le vendeur et l’acquéreur se sont promis mutuellement de se donner réciproquement la préférence en cas ou l'un des deux viendrait à vendre la moitié de ladite usine et de se prévenir un mois à l'avance avant de traiter avec d'autres personnes.

Julien Corcinos, héritier universel. (ADPO 3E23/65 Folio 20 Pierre Bordes notaire)
Le 4 janvier 1809 ont comparu Julien Corcinos et Jacques Corcinos, cultivateurs domiciliés à Mosset, lesquels ont convenu que relativement à la somme de 122 francs que le dit Julien Corcinos doit payer au dit Jacques Corcinos son frère sur les droits qui peuvent compter à celui-ci sur les biens et succession de Thomas Corcinos et Marianne LLopet, leurs communs père et mère, desquels  Julien Corcinos est donataire universel par acte en forme.
Julien Corcinos a déclaré céder, comme il cède par le présent en faveur de Jacques Corcinos son frère, acceptant un pailler avec un pâtus attenant (N°121 au 1 El Plaçal dit la "Bougade" à Mosset et faisant partie du château, confrontant :
- d'Orient avec le Plaçal ,
- du midi avec Joseph Assens (N°132 à l'arrière du 4 El Plaçal)
- du couchant avec la muraille,
- de septentrion avec le Portal.
Jacques Corcinos se tient content et satisfait.
Julien Corcinos a signé mais Jacques ne sait pas.

Succession de Julien Corcinos
Donation
(3E23/74 Folio 146 Pierre Bordes)
Le 9/11/1819 Julien Corcinos fait donation en avancement d'hoirie à Thomas Corcinos, son fils aîné, des terres champs sur le territoire de Mosset à Sant Barthomeu, Camp del Clot, Mort de Scipion et Roquemaure.

Mutations par décès de Julien Corcinos (ADPO 5W559)
Le 18 novembre 1820 est comparu Jean Baptiste Corcinos (Sosa 104) propriétaire  de Mosset agissant tant pour lui que pour Thomas, Marie Anne (Sosa 65), Marie Catherine (Sosa 85) et Rose Corcinos.
Il  a déclaré  que dans son contrat de mariage reçu par Me Felip notaire le 12 prairial an IX (10 mai 1801) Julien Corcinos son père lui fit donation d'un quart de ses biens désignés et estimés dans le dernier dit acte sur laquelle évaluation le droit proportionnel d'enregistrement fut perçu sur les dits deux actes
et que par le décès du dit Julien Corcinos arrivé à Mosset le 22 mai 1820 il avait recueilli respectivement avec les susnommés les biens ci-après :
Mobilier
Celui détaillé et estimé dans l'état produit dont l'évaluation porte à 8530 francs
Immeubles
1 - un corps d'héritage à Mosset au "Bougailla" constitué en grange, terre labourable, prés, garrigues, de 42 arpents 5 perches N° 268 à 285 inclus, 293,.296 à 312 inclus, 335 et 337 de la matrice du rôle section B d'un revenu de 400 francs
2 - terre, vigne, et garrigue "Al Bach" de 8 arpents 22 perches, N°104, 145,156,157, 172, et 208 de la matrice section E d’un revenu de 100 francs
3 - pré à "Ladou" section F, N° 1 à 8 et N° 32
4 - grange à Mosset N° 420 Section L ?
5 - jardin N°460 section H
6 -
7 -
8 - vigne à Molitg
Soit au total un revenu de 634 Francs d'ou le capital de 12680 francs
Immeubles par destination
1 - 200 bêtes à laine évaluées à 1200 francs
2 - une paire de boeufs évalués à 200 francs
3 - un mulet évalué à 120 francs
4 - des outils aratoires évalués à 30 francs
5 - une cuve de vin évalué à 200 francs
soit en tout 1750 francs
soit au total un capital de 14430 francs
Voir acte du 7 mars 1808 chez Me Antoine Lavall (3E64/9)

 
Mis à jour le 27/07/2017
Copyright 2015. All rights reserved.
Retourner au contenu | Retourner au menu