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Jacques Joseph Ruffiandis, le pétainiste
Le 3 septembre1939 le Royaume-
«Rappelé à Narbonne le 26 août 1939, le lieutenant-
Le 7 novembre 1939 il arrive en Haute-
Le 25 février 1940 sa formation remaniée comprend trois bataillons, le 21e BI du 15e d'Albi, le 21e BI du 159e de Briançon, le 21e BI de la septième demie brigade de chasseurs de Grenoble.
Tout l'hiver se passe dans une action néfaste sur le moral ; nous ne pouvons pas faire de l'instruction en faute de munitions et de champs de tir ; aussi on nous emploie à faire des baraques pour les troupes allant au repos, baraques qui ne serviront jamais aux Français. Je suis écœuré : emplois du temps déprimant et dégradant, discipline relâchée, circulaires contradictoires ; il faut distraire de soldats non mécaniser, pour en peut on lui demanderait s'il n'a pas de revendications à formuler.
Le 10 mai 1940 nous sommes à Poissons ;la gare de Joinville en Vallage reçoit des bombes ; nous apprenons que l'offensive allemande commence sur notre frontière nord est.
Les trois bataillons de s'intégrer à la huitième division pour porter le nom de 16e demi-
La situation de nos armées et terribles, en 12 jours tout semble perdu.
Nous n'avons que 15 cartouches par homme, trois mitrailleuses par bataillon au lieu de 16 ; nous n'avons pas un seul canon antichar ; non vraiment nous n'étions pas prêts pour cette drôle de guerre. Ce qui nous ont engagé dans cette tourmente porteront devant l'histoire une lourde responsabilité
À partir du 10 juin replie vers le sud. Le 16 nous passons le Loing au nord de Montargis déjà occupé par des forces blindées ennemies.
Le 17 nous atteignons la Loire entre Sully et Gien. Je peux de justesse franchir le fleuve. Le 22 juin nous atteignons la Haute-
Le 25 nous apprenons que notre calvaire militaire a pris fin. Le maréchal Pétain a pu obtenir un armistice.les trois quarts de la France sont occupés, notre flotte et nos colonies sont indemnes.
Il me reste 275 hommes sur les 3000 que j'avais le 10 mai.
Le 29 juillet je suis rendu à la vie civile, je reviens à Perpignan la tristesse au cœur et la honte au front.
Nous sommes un peuple battu et battu par notre faute !
Pendant que de 1935 à 1938 nous sont brillants en pleine veulerie nationale l'Allemagne se relevait travaillait s'armait.
Six années d'après-
Le maréchal Pétain est investi des pleins pouvoirs le 9 juillet 1940 à Vichy par l'assemblée nationale, députés et sénateurs. La France se sauvait de l'occupation totale par ce chef serein, va-
Le président du conseil Pierre Laval est partisan d'une politique de rapprochement avec l'Allemagne. Que va-
(Extrait des manuscrits rédigés par J.J. Ruffiandis)
La Légion Française des Combattants résulte de " la loi du 29 août 1940 pour promouvoir la Révolution Nationale, la défendre et, si nécessaire, l'imposer. Elle regroupe d'autorité, sans discussion, toutes les Associations d'Anciens Combattants dissoutes d'office le même jour. Le Maréchal Pétain la préside et les Légionnaires sont liés à lui, le vainqueur de Verdun."
Dans le département des Pyrénées-
Nommé "à son insu" J.J. Ruffiandis se donne en totalité à l'institution qui lui permet de "contrôler toute la vie politique du département. En octobre il organise une première grande réunion au théâtre municipal. Elle se termine en apothéose."(26)
En 4 mois, énergiquement il met en place l'organisation départementale. " Il est difficile d'évaluer exactement ses effectifs qui dépassèrent le millier mais sa ligne politique fut si j'ose dire : "Le Maréchal d'abord, le Maréchal ensuite, le Maréchal toujours ! " (23)
A Mosset qui est une des premières communes dans laquelle une délégation spéciale est nommée, J.J. Ruffiandis serait intervenu pout faire nommer Isidore Monceu à sa présidence à la place d'Isidore Ville.(1871-
Isidore Ville n'est pas un Pétainiste pur et dur. Au décès de Jean Grau (1883-
Dans chaque village, la Légion a un correspondant et dans les plus importants un Foyer qui a pour but de venir en aide aux familles de prisonniers de guerre.
La mission de le Légion est de "régénérer la Nation, par la vertu de l’exemple du sacrifice de 1914-
Sa confiance en Pétain, qui "seul peut sauver la France," est totale et elle le restera. Il reporte les erreurs du régime sur l'entourage du chef de l'état, formé "d'équipes d'hommes peu qualifiés." Il oublie qu'il a pourtant les pleins pouvoirs.
Il maudit l'Angleterre "qui a attaqué notre flotte à Mers el Kébir, puis à Dakar, poursuivant peu à peu la conquête ou plutôt le rapt de nos colonies . Ils sont d'ailleurs aidés par des Français que leur germanophobie rendent traîtres à la parole donnée. Enfin le 8 novembre 1942 le Maroc et l'Algérie tombent au pouvoir des Anglo-
A la retraite depuis le 1er octobre 1942, il paraît découragé, par "un vrai déferlement de l'égoïsme individuel, un régime libéral sous lequel nous vivons depuis longtemps" et par la dégradation des conditions économiques. Aurait-
Et le 14 avril 1943, il y est encouragé : il est reçu à Vichy à l'hôtel du Parc par le maréchal Pétain : "je déjeune à la droite du grand chef qui se montra à mon égard d'une grande amabilité. Je suis heureusement réconforté par la sécurité et la largeur de vue du Sauveur de la Patrie. Quel dommage qu'à côté de ce chef serein se trouve des ministres sans aucune autorité... Nous assistons à une véritable chute de la moralité."
Qu'était le pétainisme au début de 1943 ? Que prônait Pétain ? Quel avenir proposait-
Selon l'historiographie récente (Pétain -
Pour essayer de comprendre J.J. Ruffiandis il y a deux types de documents : ses mémoires (26) et ses allocutions pronocées comme chef des le

Ces allocutions sont fondamentales. On en compte 5 :
1 -
2 -
3 -
Le chef "aura des amis peut-
"Le chef qui sait bien, qui connaît clairement les buts et les moyens, le chef qui a longuement médité sa décision et qui est illuminé à la vérité, peut vouloir."
4 -
Ce discours est la preuve de l'aveuglement de J.J. Ruffiandis : son inconditionnalité totale à l'égard du Maréchal., l'absence du moindre esprit critique.
"Oui, avant tout, il faudra être discipliné et obéissant. C'est si facile d'obéir quant on est l'homme du maréchal !
Il pense pour nous, il raisonne, il discute, il étudie les problèmes les plus divers, intérieurs et extérieurs et nous n'avons qu'à suivre ; il nous épargne même le souci de se décider devant plusieurs alternatives ; cela paraît difficile aux Français raisonneurs et c'est si simple pourtant quand on a confiance au chef si lumineusement profond que la providence nous a envoyé au moment de notre plus grand malheur.
Soyons donc, camarades légionnaires, et vous tous, mes chers compatriotes, les hommes du Maréchal.
Lisons ses allocutions, ses suprêmes pensées toutes imprégnées d'une sagesse quasi-
Comme lui, faisons à la France le don de notre personne pour atténuer son malheur.
Tirons la leçon des batailles perdues ; n'oublions pas que depuis la victoire, l'esprit de jouissance l'avait emporté sur l'esprit de sacrifice. On avait revendiqué plus que l'on avait servi.
La terre, elle, ne ment pas ; c'est par un redressement intellectuel et moral qu'il nous a conviés d'abord. Le redressement ne peut s'accomplir que dans la confiance aidant la foi !
Il faut rallier les hésitants, brisant les forces hostiles et les intérêts coalisés, en faisant régner dans la France nouvelle la véritable fraternité nationale.
Ainsi 1942 s'ouvre pour nous sous le triple signe : Travail, discipline, confiance.
Aux impatients, je dis : " Attendez les ordres du Directoire, ne prenez pas la sagesse pour de la lenteur."
Aux toujours aigris, je dis : " Nous avons besoin de dévouement mais pas de conseils ni de critiques."
À l'œuvre tous, c'est plus que jamais nécessaire pour que la France vive quand cessera la tempête d'acier d'un monde en folie.
Vive notre Maréchal !
5 -
" La révolution nationale doit être gagnée du premier coup ; si une deuxième défaite s'ajoutait à celle de juin 1940, la France ne s'en relèverait pas, elle risquerait de devenir, économiquement au moins, une colonie de l'étranger... La France n'existerait plus comme nation."
" Le chef qui pense les commandes, nous l'avons. Nous avons le maréchal Pétain.
Depuis l'Évangile, nous n'avions jamais entendu pensée plus élevée, plus belle et surtout plus simplement humaine ; jamais ordres ne furent plus logiques et plus clairs.
Depuis le Christ, jamais chef ne fut plus près de ce qui forme la base même de la Nation. "
Dans le domaine de l'idéologie, la Révolution Nationale se propose d'écarter les extrêmes : " Le libéralisme avait recherché un accroissement de la production, le socialisme et le communisme le seul bien-
Et dans cette communauté, tous ont le devoir de travailler et tous ont également le droit au travail
Hors du libéralisme, hors de l'étatisme, des lock-
Il souligne cependant que la retraite de vieux travailleurs, promise puis refusée par quatre législatures, a été accordé par le Maréchal.
Ces allocutions font largement appel à des discours du chef de l'État infaillible comme un Dieu.. J.J. Ruffiandis a été le Pétain du Département, le véritable clone du Chef de l'état.
Mais si J.J. Ruffiandis n'a pas officiellement changé et si son allégeance à Pétain n'a pas été démentie, il semble avoir pris de la distances vis à vis de la Légion à partir de 1943. Son dernier discours de 1942 n'a pas eu de suite. La référence à la Révolution Nationale est disparue. De la Légion sont nés le SOL (Service d'ordre légionnaire ) puis la Milice qui ne correspondent pas à son humanisme de base.
Même s'il adhère à un État conservateur, autoritaire et voulant rassembler les Français il est opposé à l collaboration. On peut même se demander s'il na pas douté de la politique très ambiguë, parfois collaborationniste de Pétain. .
Ses mémoires sont muettes , à partir de 1943, sur cet aspect.
La libération
Dans ses mémoires (15 et 26) datées de décembre 1945,il écrit :
« En juin 1944 les anglo-
Le 19 août notre Roussillon est enfin libéré, l'ennemi fuit vers le nord pour échapper à l'encerclement. Courts combats de rue contre les derniers éléments et contre les miliciens
Marcel Grau (1924-

A la suite du débarquement des forces alliées en Normandie en juin 1944 puis le 15 août en Provence, les forces allemandes quittent le Département et Perpignan est libéré le Dimanche 19 août 1944.
24 août 1944 -
" Le 19 août notre Roussillon est enfin libéré, l'ennemi fuit vers le nord pour échapper à un encerclement. Courts combats de rue entre les derniers éléments et contre les miliciens.
Le 24 août, je suis arrêté à la préfecture et amené au poste de police ; le 26 j'échoue à la citadelle au même local où était ma compagnie en 1910.
Bientôt nous serons plus d'un millier d'honnêtes gens emprisonnés avec quelques douzaines de franches canailles : agent de la Gestapo, espion, dénonciateurs à gage."(15 et 26)
Jugement
Trois tribunaux d'exception sont créés :
La Haurte Cour de justice pour les membres des gouvernements.
Les Cours de justice pour tout-
Les Chambres civiques pour le reste
Elles sont créées par l'ordonnance du 26 août 1844. En France sur 70000 personnes qui comparaissent, 30000 sont condamnées à la dégradation nationale
Emprisonnement
"Je suis resté 25 jours en cellule, puis dans une chambre étroite pendant deux mois. Du 25 novembre 1944 au 13 août 1945, je suis resté au camp de Rivesaltes puis enfin jusqu'au 22 octobre suivant au camp de Noé dans le département de la Haute-
Le 12 juin 1945, la chambre civique de Perpignan m'a condamné à cinq ans d'indignité nationale et le ministre de l'éducation nationale a suspendu mes droits à la retraite pour cinq ans.
Voilà la récompense de 58 ans d'honnêteté et d'amour de la Patrie, de ma conduite pendant deux guerres et de mes quatre années de dévouement à la cause des malheureux de notre départemen
Le pardon
" J'ai pardonné au fond de mon cœur de chrétien, aux membres du comité de libération, qui ne libérèrent rien du tout et qui me firent arrêter; J'ai pardonné à tous ceux qui m'ont accusé à tort. J'ai pardonné enfin à tous ceux qui m'ont gardé 14 mois derrière les fils de fer barbelés comme un fauve." (15)
16 août 1947-
Cette loi est suivie par celles du 5 janvier 1951 et celle de 1953.
Les honneurs ne sont pas rendus aux amnistiés. Ils ne sont pas réintégrés dans leurs fonctions et grades dont ils ont subi la déchéance, comme par exemple pour la Légion d'honneur et les décorations..
14 août 1948 -
Du 22 juillet 1953 au 08 1953 -
21 novembre 1956 -
23 novembre 1956 -
Edition d'une brochure non référencée de 16 pages : "In memoriam." dans laquelle ses amis lui rendent hommage.


Jacques Joseph Ruffiandis
est décédé à Perpignan le
21 Novembre 1956.
Il est inhumé au cimetière de Maury.
Ses amis, ses camarades lui ont rendu hommage et ont édité l'opuscule ci contre.
On note les signatures de
Joseph Sauvy
Pierre Capra
J.Ph.Danes
Marcel Laborde
Dominique Arrous
Adolphe Arrous
Ludovic Massé
Lucien llense
J.M. Madelaine
B. de Belot
Jean Vidal
Chanoine Riu
Joffre
de Langle de Carry
Gouraud
Touchon
Un humaniste catalan
Jacques -
par Michel ARROUS (Le journal des Mossétans N° 5 de janvier-
Michel ARROUS est né à Mosset. Professeur des Universités. Directeur du Centre d'Études
Stendhaliennes et animateur de HB, revue internationale d'études stendhaliennes.
"Igual una ombra en el sol del cami
ma primavera ara es perduda.
No sents, cor meu, com el passat en mi
poc a poquet s'atuda ? "
J.S PONS.
L'an passé Mosset aurait pu fêter le centenaire d'un de ses fils, comme le Roussillon d'ailleurs, puisque catalans et catalanistes, amateurs d'histoire ou de musique, comptent au nombre des leurs Jacques Joseph Ruffiandis.
Il mérite d'être honoré à Mosset, où sa famille s'installa à la fin du XVe siècle, et dont il fut le premier historien. Au long de ses recherches, il eut le loisir d'esquisser la lignée qu'il illustra plus qu'aucun autre. Rêvant à quelque commerçant turc ou grec que le destin aurait fixé à Mosset, il put préciser que certains de ses ancêtres avaient été ouvriers métallurgistes, maîtres chirurgiens, docteurs en médecine, agriculteurs installés à Saint-
Céret. Il n'en continua pas moins à étudier les sonates de Haendel. A la rentrée de 1910, il est nommé
à Canet et, selon la pratique d'alors, effectue sa préparation militaire qu'il termine avec le grade de
sous-
La Grande Guerre va faire de ce pédagogue passionné de lecture et de musique un meneur d'hommes et un combattant héroïque dont les Carnets d'un ancien du 53e, dédiés en 1934 à ses camarades catalans morts en Lorraine, en Belgique, en Champagne, à Verdun, sur la Somme (avec une épigraphe empruntée à Josep-
Aujourd'hui, bien que des historiens chevronnés s'intéressent à Mosset, (M. Brunet, R. Sala, G. Moler, A. Catafau, etc.), les recherches menées par J.-
Pour le XVIIIe siècle, il s'est surtout penché sur la vie économique, communale et familiale des habitants de la vallée. Voici quelques-
Ce goût pour l'histoire locale, J.-
Revenons sur son amour et sa pratique de la musique. Instrumentiste, musicologue, mais aussi compositeur formé aux leçons d'un maître réputé, l'altiste Benoît du célèbre quatuor Capet, J.-
Aussi ardent défenseur de son pays que du patrimoine régional, fervent historien de Mosset, la petite patrie qu'il n'oubliait pas de retrouver à ses congés et pendant sa retraite, et qu'il a souvent
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