XXe siècle - Anectodes - Mosset interdit d'église - Histoire de Mosset

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XXe siècle - Anectodes - Mosset interdit d'église

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Mosset interdit d'église

Juin 1907
                                                                                                                   

                                                                                                                                   
Lettre de Monsieur le Curé Adroher à Monseigneur J. Carsalade du Pont, évêque des Pyrénées Orientales, Mosset le 12-06-1907.
" Un espagnol (Antonio Baron décédé le 11-06-1907) qui travaillait à l'achèvement de la route du col de Jau, étant mort pendant ma courte absence de trois jours à peine pour assister au sacre de Monseigneur Izard et à la retraite mensuelle, l'enterrement s'est fait ce matin, civilement avec, sous l'inspiration de quelque blocard, sonnerie des cloches et chant du miserere à l'église. On a su que Monsieur Cazes était à Molitg (Curé desservant). On n'avait d'ailleurs qu'à m'envoyer un télégramme à Bouleternère mon pays natal. Mon église est donc interdite. Je le regrette d'autant plus vivement que la plupart de mes paroissiens ne comprennent pas la gravité du scandale qui vient d'être donné.
Je ne puis, Monseigneur, vous donner d'autres de longs détails, j'arrive de Vinça. "
Réponse du 13-06-1907 : " Se tenir aux sanctions portées par Monseigneur. " (Bibliothèque du diocèse de Perpignan - Liasse Mosset : Document 48)

Lettre de Monsieur le Curé Adroher à Monseigneur J. Carsalade du Pont, évêque des Pyrénées Orientales, Mosset le 17-06-1907.

Mosset sans eglise

"On m'a fait connaître l'hypocrite inspirateur de la profanation de mercredi. C'est un blocard qui peut se permettre impunément tout ce qu'il veut,  c'est à lui que s'était adressé une personne de la paroisse pour le prier d'envoyer un enfant à Molitg avec un billet pour Monsieur Cazes (né en 1857, ordonné en 1881, arrivé à Molitg en 1895). Il promit mais ne fit rien.  Puis il insinua qu'on pourrait se passer de prêtre, que l'enterrement serait religieux quand même pourvu qu'on sonnât les cloches, qu'on portât le mort à l'église et qu'on chantât le miserere et le salvat.                                                 
Il y a un deuxième coupable, que je connais bien : c'est le sonneur (Argens Joseph 1828-1907), vieillard de près de 80 ans, qui sert à l'église depuis plus de 50 ans peut-être et à qui, malheureusement, la pièce de 50 centimes ou une crainte chimérique ferait faire tout ce qu'on voudrait.
Je lui avais, dès la réception, expliqué l'ordonnance de Monseigneur. La sanction grave qu'entraîne une faute pareille à celle qui a été commise ici. C'est lui néanmoins qui a sonné et qui a chanté. Il mériterait sans doute d'être cassé aux gages mais, en considération de son grand âge et de la manière spéciale de carillonner, la paroisse se retournerait bientôt contre moi.
J'ai été deux fois dire la messe à Campôme. On m'a plaint tout d'abord puis, comprenant que le scandale commis serait divulgué dans toute la vallée, on s'est fâché, me menaçant, paraît-il, de m'accompagner avec du charivari si je sortais de la paroisse pour célébrer la messe. (La messe à Campôme ne résultait pas de l'absence d'un prêtre à Campôme, celui de Molitg étant à proximité mais d'un moyen de contourner l'interdit, les habitants de Mosset pouvant aller suivre la messe à Campôme.)
Hier j'ai fait la cérémonie à la Capelleta, petite chapelle délabrée qui se trouve dans ma paroisse.
La leçon que vous avez donnée à ma paroisse, Monseigneur, en interdisant l'église, est bien acceptée.
On ne croyait pas que ce fut mal d'assister à un pareil enterrement. On regrette de l'avoir fait. Mais il ne faudrait peut-être pas prolonger la punition. La révolte est prompte ici et je sais, pour en avoir été témoin le jour de l'inventaire de 1905, de quoi sont capables, une après midi, les têtes exaltées.
Je vais avoir la fête locale le 24 courant, lundi prochain. Le dimanche déjà ce sera le commencement de la fête. Il serait prudent, je crois, de lever l'interdit avant
. " (Bibliothèque du diocèse de Perpignan - Liasse Mosset : Document 48)

Lettre de Monsieur le Curé Adroher à Monseigneur J. Carsalade du Pont, évêque des Pyrénées Orientales, Mosset le 19-06-1907.
"Je suis bien aise de n'avoir pas reçu tout à l'heure de réponse à ma dernière lettre ; j'ai encore à vous faire connaître un détail grave peut-être et qui peut déterminer votre Grandeur à retarder quelques temps l'acte de clémence que je sollicite au nom de la majorité de ma paroisse.
C'est que mon sonneur âgé de près de 80 ans, n'a pas discontinué de sonner les cloches. Il a annoncé mes deux messes de dimanche et l'Albat (Vidal Espérance, décès d'un jeune enfant qui n'a pas l'âge de raison soit 7 ans). J'ai supprimé les vêpres pour ne pas lui donner l'occasion de remonter au clocher.
L'ayant appelé avant l'angélus du soir pour lui demander compte de sa désobéissance, il m'a répondu que le maire (Rousse Jean 1835-1909) lui avait commandé de faire ainsi. Je n'y croyais pas sachant qu'il avait l'excuse facile. Mais il persiste à sonner les angélus du matin et du soir et répète, dit-on dans la paroisse, que lui, il doit obéir au maire.

Le maire aurait, paraît-il, l'intention de vous écrire, le fera-t-il ? Mais il attend auparavant que j'aille au devant de lui ; il peut m'attendre. Il serait prudent, je crois, de ne pas lui donner de décision, il suffira que le curé la connaisse. Il pourrait, Monseigneur, s'autoriser de votre réponse, pour dire et faire tout ce qu'il voudrait, sans montrer votre écriture bien entendu et facilement cru d'une population crédule et presque inconsciente.
Ces derniers mots tombent à regret de ma plume mais c'est dans un bon but que je les ai écris quand même
." (Bibliothèque du diocèse de Perpignan - Liasse Mosset : Document 48)

Lettre de Monsieur le Curé Adroher à Monseigneur J. Carsalade du Pont, évêque des Pyrénées Orientales, Mosset le 20-06-1907.
" Pour obéir à un conseil de Monsieur Vidalet, j'ai, cette après midi, envoyé ma sœur chez le maire pour le prier de réaliser l'intention qu'il avait vaguement manifestée de vous écrire. Je lui ai fait même remettre un brouillon de lettre. Cela l'humilierait-il ? Transcrire tout simplement ? Je vous envoie une copie.
Je voudrais bien que la difficulté soit résolue en faveur de la paroisse, qui n'a pas été coupable sauf deux autres aigrefins, soudoyés peut-être. Ne connaissez-vous, si vous voulez user de clémence, tous les détails que je vous ai donnés dans mes deux précédentes lettres ?
" (Bibliothèque du diocèse de Perpignan - Liasse Mosset : Document 48)

Lettre de Monsieur le Curé Adroher à Monseigneur J. Carsalade du Pont, évêque des Pyrénées Orientales, Mosset le 21-06-1907.
" Le maire n'ayant pas souhaité écrire, deux hommes de bonne volonté se sont offerts, cet après souper, pour recueillir les signatures que j'ai l'honneur et la joie de vous transmettre. Je me permets de vous faire remarquer qu'on n'a demandé la signature que des chefs de famille pour simplifier la besogne, qu'il y a des illettrés à Mosset et que nombre de mes paroissiens sont déjà à leurs cortals de la montagne, d'où ils ne descendent que le samedi et le dimanche.
Je ne sais si cette pétition suffira. On a toujours le désir ardent de voir les cérémonies de la fête locale du 24 juin, se faire dans l'église paroissiale
." (Bibliothèque du diocèse de Perpignan - Liasse Mosset : Document 48)


Signatures :
Blaise Mir (1851-1927)
Monceu Isidore (1861-1933)
Corcinos joseph (1845-1913)
Vilar Sauveur(1862)
Verdie Joseph (1867-1853)
Escanyé,
Enriquel,
Arrous Pierre (1862-1925) ?
Borreil Julien (1858-vers 1920)
Sarda Pierre (1869-1933)

Enriquel Joseph (1872-1966)


Ville Jacques (1877-1953)

Ponsaillé Joseph,
Vidal Joseph (1869-193
Dimon Dominique
(1861-1925)
Grau Isidore (1832-1911)
Assens Eugène (1866-1941)
Pujol Gaudérique (1850-1939)
Arrous Isidore (1852-1919)
Grau Julien (1839-1817)
Mayens Sébastien
(1845)
Dirigoy Baptiste (1875)


Prats Joseph (1876-1964)
Verdier Paul (1879-1934)

Benassis Pierre (1847-1917)
Fabre Barthélémy (1830->1815).
Grau Sébastien (1861-1929)
Not Joseph (1862- >1925)
Vives Antoine (1866)
Arrous
Rolland Jean (1866)
Marty Hippolyte (1849-1925)
Fourquier Jean.(1855)

Interdit levé la veille de la Saint-Jean
Le 21-06-1907 l'interdit fut levé à compter du 23 juin après avoir, toutefois, préparé une cérémonie expiatoire avant la messe. (Bibliothèque du diocese de Perpignan: Liasse Mosset - Document 51)

Baptême pendant la guerre

Lettre de Monsieur le Curé Adroher à Monsieur le Grand Vicaire, du 30-10-1915.
" C'est pour avoir votre avis que je vous écris.
Je viens de baptiser à l'instant, avec autorisation du curé de Prades, les deux enfants du Docteur Arrous, qui est, comme vous le savez sans doute, marié civilement avec sa cousine germaine de Mosset.
Je me demande si je ne réussirai pas à réhabiliter le mariage, maintenant qu'il pourrait nommer un procureur pour le remplacer puisqu'il est vers le front des troupes je crois, comme médecin d'ambulance ou d'hôpital.
La belle-mère (Adèle Cantié, 1847-1923) m'aiderait sans doute, les enfants ne refusant pas longtemps ce qu'elle désire, à cause du dévouement qu'elle a eu pour tous, de l'âge avancé où elle est, de la maladie qu'elle a et qui la conduit au tombeau. C'est la sœur de cet abbé Cantié (Cantié Joseph 1837-<1867), que vous avez connu, et qui est mort tout jeune.
Sans doute le Docteur Arrous a dans le temps interdit les processions à Prades et présidé la vente des objets qui appartenaient au petit séminaire, mais dans ces cas l'ignorance des censures fait qu'on ne les encourt pas.
Il me faudrait la dispense des fabrications, de l'empêchement et l'autorisation de Monsieur le Curé de Prades, où réside habituellement l'épouse.
Avant de proposer mon idée à la famille, je désirerais savoir si les dispenses me seront facilement accordées et s'il n'y aura pas quelque autre empêchement théologique que je ne vois pas en ce moment
." (Bibliothèque du diocese de Perpignan: Liasse Mosset - Document 51)

 
Mis à jour le 03/02/2017
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