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La conquête de l'Algérie (1830-
La monarchie de Juillet, bien que pacifique, se lança cependant, dans une grande œuvre militaire la conquête de l'Algérie (1830-
Prise d'Alger le 5 juillet 1830
Deux Mossétans font partie de l'expédition. Ils ont traversé la Méditerranée à bord d'un des 567 navires de la force d'intervention.
Le premier, Paul Rotlland (1803-
Le second, Isidore Joseph Remaury dit "Ramonet" (1806-
La résistance locale s'organise autour d'Abd El-
Prise de Constantine
Aucun accord n'étant trouvé avec le bey de Constantine, une expédition forte de 10.000 hommes est organisée.
Décès |
Prénom Nom |
Age |
Lieu |
1830 |
Paul Rotlland |
27 |
Alger |
1830 |
Isidore Remauri |
24 |
Alger |
1837 |
Jean Fabre |
23 |
Constantine |
1839 |
Auguste Escanyer |
45 |
Alger |
1845 |
Jacques Escanyé |
24 |
Sidi- |
1849 |
Pierre Corcinos |
26 |
Constantine |
1854 |
Martin Doutres |
23 |
Mascara |
1856 |
Julien Ribes |
22 |
Constantine |
La ville est prise le 13 octobre 1837 après sept jours de siège. Jean Sauveur Fabre (1814-
Ensuite, en août 1839, Abd el-
Jacques Escanyé aux combats de Sidi-
Le conseil de révision de la classe 1841 à Prades, exempte de service militaire le jeune Jacques Antoine Joseph Escanyé (1821-
Les français, commandés par le Lieutenant Colonel Montagnac, avaient engagé à la légère le 8e Bataillon des Chasseurs (10 officiers et 346 hommes) et le deuxième escadron du 2e Régiment de Hussards (100 hommes environ) le 21 septembre 1845.
Imprévue, mal commandée par un Montagnac inconséquent, la rencontre tourna mal pour les troupes françaises. Après un premier combat le 23 septembre, les troupes françaises furent réduites de 450 à 82 chasseurs et hussards face à 10.000 berbères. Acculés, les chasseurs de la compagnie de carabiniers se réfugièrent dans le marabout de Sisi Brahim d'où ils repoussent tous les assauts. Après plusieurs jours de siège, les hommes, sans eau, sans vivres, à court de munitions, en furent réduits à couper leurs balles en morceaux pour continuer à tirer. L'émir Abd El-
Lors d'une de ces demandes de redditions, un chasseur répondit "Merde" à l'Émir. Les survivants, n'ayant plus de munitions, chargèrent à la baïonnette. Ils percèrent les lignes ennemies et, sur les 80 survivants, 16 purent rejoindre les lignes françaises (5 moururent quelques jours plus tard). Seuls 11 chasseurs sortirent vivants de la bataille. Les restes des soldats tués à Sidi-
L'héritage du disparu
La mère du malheureux Mossétan Jacques Escanyé, Thérèse Arcens épouse Escanyé, a appris ces événements par un certificat du ministre de la guerre du 17/07/1847 qui indique que son fils " a disparu pendant le combat de Sidi-
Le 16 mars 1848 elle est comparue pour faire la déclaration de succession. Elle a déclaré que "suivant le testament reçu par Me Xatart notaire le 10/07/1847, elle a été nommée seule et unique héritière par son fils et des renseignements pris auprès des autres militaires du corps, le dit Jacques Escanyé aurait été tué dans ce combat." La déclarante ajoute que par acte du 22/08/1847, reçu par Me Xatart, elle fut mise en possession de cette succession de laquelle elle n'a retiré qu'une somme de 300 francs qui lui a été payée par Estève Joseph procureur fondé du décédé et ce pour le restant du prix du remplacement militaire du par le Sieur Vilar [Probablement Etienne Vilar né le 19 avril 1821 à Urbanya] soldat de la classe 1841." (ADPO 5W566)
De la même façon, les frères et sœurs du soldat Pierre Bonaventure Corcinos (1823-
Entre 1849 et 1852, la domination française en Algérie s'étend à la Petite-
Originaire de Mosset, Julien Bernard Martin Ribes (1834-
En résumé, huit militaires Mossétans ont perdu la vie en Algérie de 1830 à 1856. Deux d'entre eux, pauvres, ne sachant ni lire ni écrire, exemptés de service militaire pour des raisons familiales, ont tenté la chance. Ils ont joué leur vie pour 2 000 francs et ils ont perdu.
Bien entendu d'autres jeunes gens de Mosset sont partis en Algérie et sont revenus. Leurs identités ne sont pas connues.