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Ecole primaire de 1830 à 1848
La loi Guizot de 1833
L’enseignement en France au XIXe siècle est marqué fondamentalement par la loi François Guizot de 1833 et la loi Jules Ferry de 1881 et 1882.
Pendant les premières années du règne de Louis-
L’enseignement élémentaire vise alors à moraliser le peuple, à favoriser l’essor économique et à consolider le nouvel ordre politique et social.
Si, en 1829, 14000 communes sur les 35000 que compte le pays ne possèdent pas d’école primaire, elles ne sont plus que 3213 dans cette situation en 1847. 3,5 millions d’enfants sont alors scolarisés, ayant ensuite, devenus adultes, plus facilement accès à la lecture de la presse, des almanachs.
Reposant sur l'idée que l'instruction contribue au progrès général de la société, la loi Guizot organise l'enseignement primaire au profit des classes populaires autour de deux principes
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Qu'elle soit privée ou publique, l'instruction primaire élémentaire comprend nécessairement "l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française et du calcul, le système légal des poids et mesures.
Il sera fourni à tout instituteur communal,
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Seront admis gratuitement, dans l'école communale élémentaire, ceux des élèves de la commune, ou des communes réunies, que les conseils municipaux auront désignés comme ne pouvant payer aucune rétribution.
Mosset a choisi de créer une école laïque, seule adaptée à une population de plus de 1300 habitants, les deux écoles privées en place ne recueillant qu’une poignée d’élèves.
Dans ce qui suit nous allons examiner les applications concrètes de la loi Guizot à Mosset, le local d’école, le choix et le comportement des instituteurs.
La maison commune
Avec 1300 habitants environ Mosset pourrait scolariser plusieurs centaines d’enfants âgés de 6 à 12 ans. Bien entendu en 1833 l’enseignement n’est pas obligatoire mais cette perspective montre que même en se limitant à quelques dizaines d’élèves il faut, avant tout, disposer d’un local adapté. Il n’y en a qu’un seul dans le village, c’est l’église
Lors du le Conseil Municipal du 20 août 1833, juste après la promulgation de la loi Guizot, la question du local est la première qui est prise en considération. Mais dans ce domaine de l’immobilier il y a plus urgent. La commune n’a pas de mairiela maison commune est écroulée depuis le mois de février 1830. Les réunions du Conseil Municipal ont lieu dans la maison d’habitation du Maire qui fait office de mairie. Les mariages sont célébrés chez lui. Du temps de François de Massia c’est à deux pas au 1 Escaler den Dolfe. Barthélemy Lavila, son successeur, sera lui aussi bien placéau 2 Carrer del Trot.
Le 20 aout 1833, on délibère donc sur la maison commune. Il est clair "qu'il serait urgent de s'occuper de sa reconstruction." On apprend alors qu’elle est " un lieu malsain, au nord, attenant à l'église, humide en été et très froid en hiver, sans pouvoir y faire du feu à cause de la fumée incorrigible, que le local est trop petit et trop rétréci pour les assemblées générales, les réunions municipales et pour les associations des canaux d'arrosage."
Ce local correspond à la parcelle N°399 du plan cadastral de 1811. Il est entre l'église et le n° 1 de la Plaça San Julia.
La discussion est animée et les idées se succèdent. En reconstruisant, le rez-
Tout cela est estimé à la somme de 1600 francs.
Il est donc demandé au Préfet de prendre en considération cette délibération et la situation de la commune qui compte 1300 âmes avec très peu de gens aisés, et où une salle d’école primaire est indispensable. Si Monsieur le Préfet peut obtenir de Monsieur le Ministre de l’Instruction Publique un secours, la commune, de son côté, pourra s’imposer pour une certaine somme à prendre sur les exercices de 1834 et de 1835.
Ce texte deviendra le texte modèle des 15 délibérations suivantes du Conseil Municipal de Mosset de 1833 à 1845.
Il s’articule en 3 points
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Le Ministère de l’Instruction Publique n’accordant pas d’aide, les 5 Maires et leurs Conseillers qui se sont succédé au cours de la période n’ont trouvé la solution qu’en 1845. Ils avaient eu le temps de proposer toutes les variantes.
Si la possibilité de reconstruire à l’emplacement de l’ancienne mairie, contre l’église, est rapidement abandonnée, l’association mairie école est toujours resté l’objectif de base.
Construction d’une école et d’une mairie
Maison de Massia
La première idée est de construire un nouveau bâtiment, rassemblant la future école primaire et la future maison commune. L’emplacement choisi est à côté de la maison de l’ancien maire François de Massia (1796-
Lorsque le 25 juin 1834, l’architecte du Département se rend à Mosset pour étudier l’implantation, de Massia lui fait observer qu’il en est propriétaire et "qu’il ferait valoir ses titres aux premiers coups de pioche que la commune y donnerait." 8,9 et 10 juillet suivants de Massia a "fait élever un mur du côté de la rue, de 2 mètres de haut, allant de la place [de Dalt] à sa maison."
Bien que les vacants du territoire de Mosset aient été adjugés aux descendants des d’Aguilar par un jugement de la cour Royale de Montpellier de 1811, Charles Delacroix [marié à la descendante Zoé d’Aguilar] ne peut prétendre être maître d’un lambeau de terrain existant qui a été, de tout temps, au service de la commune estime le Conseil Municipal. En effet, d’une part, il ne porte pas de numéro sur le plan figuratif et, d’autre part, il est situé dans un endroit, à l’intérieur du village, où, avant la Révolution, le seigneur aurait préféré en céder l’usage et en percevoir un revenu [selon le principe de la censive qui était une prérogative du droit seigneurial], alors que, comme simple propriétaire, il n’en aurait rien tiré.cette maison de Massia fut construite par feu Joseph Escanyé [1726-
Ces considérations font que le Conseil Municipal soutient que le terrain est à la commune, et ce d’autant plus que de Massia n’est à Mosset que depuis une quinzaine d’années et ignore tout de l’évolution du quartier.
Il persiste à y bâtir le local projeté et demande de faire ordonner à de Massia la démolition du mur qui a été bâti. L’alternative pourrait être que la commune "profite de ce mur pour bâtir la bâtisse projetée, en l’obligeant de fermer les croisées et de changer l’écoulement des eaux pluviales qui découlent de sa maison pour les faire couler par une autre face." (Conseil Municipal du 5/8/1834) exploit du 27 septembre 1834 les mariés François de Massia et Sophie Bonpeyre font assigner la commune devant le tribunal civil de Prades pour se faire déclarer "propriétaires d’un terrain public, désigné vacant, ou petit lopin de terre ou rocher de 30 m2 grevé de diverses servitudes" En réaction, le Conseil Municipal du 5/10/1834, autorise le maire à plaider.On ignore l’évolution de ce conflit et quel qu’il soit, le projet de construction nouvelle est abandonné. On sait qu’une construction ex nihilo, de l’école n’aura lieu qu’en 1911 et en 2000 pour la mairie.
La maison Pompidor
La solution retenue est l'achat de la maison d’Isidore Pompidor (1770-
Isidore Pompidor est, de 1808 à 1815, adjoint de Joseph Porteil (1752-
Étaient présents
Comme membres du Conseil MunicipalJulien Prats, Dominique Matheu, Maurice Corcinos, Joseph Baptiste Ville Dominique Escaro, Jacques Dirigoy, Barthélemy Lavila.
Les plus imposésMichel Arrous, Sébastien Mayens, Sébastien Cantié, Sébastien Arrous, Pierre Dimon, Jacques Ruffiandis, Joseph Bazinet, Baptiste Corcinos.
La maison d’Isidore Pompidor est neuve, elle vient en effet d’être reconstruite à la suite d’un incendie qui a éclaté dans la nuit du 27 au 28 novembre 1833. Les travaux ont été confiés au maçon Gaspard Bès (1788) de Prades pour la somme de 4143 francs et une livraison 5 mois plus tard, Joseph Bazinet apportant sa caution. Le 02/12/1834 le maçon a reçu 4064 francs de M. Ange de la Compagnie le Phénix où la maison était assurée. Le devis initial pour la reconstruction s'élevait à 5364 francs, la garantie de l’assurance n’était probablement pas totale. (ADPO 3E47/22 N°168 Folio 117 et N°413 Folio 304 Vincent Paris, notaire)
9 ans pour obtenir la subvention
La demande de subvention de 1836 n’a pas eu d’écho auprès du Ministère. Lors de la réunion du Conseil Municipal du 24/06/1837 la délibération de 1836 se répète mais le prix de vente passe maintenant à 3800 francs et l’aide demandée à l’État est portée à 2000 francs !
Il est bien entendu que l’achat ne concerne que la moitié de la maison : celle "qui confronte l'autre moitié au levant et les héritiers du sieur Joseph Cantié."
En 1838 l’imposition prévue est portée à 3000 francs remboursables annuellement en 4 quarts de 750 francs. Le vendeur Isidore Pompidor décédé à Prades en 1837. Ses 5 enfants héritiers maintiennent la vente mais font une proposition de vente de la totalité de l’immeuble au prix de 6000 francs seulement “compte tenu de la belle situation et de l’état de la construction." Ils ont la sagesse de d»signer un mandataire, le fils Sébastien Pompidor (1805-
Curieusement, compte tenu des faibles moyens financiers de la commune, le Conseil Municipal prend en considération cette offre et la présente au préfet, évidemment à condition d’un secours gouvernemental de 3000 à 4000 francs, la commune étant déjà prête à s’imposer sur 3000 francs. Ce cas de figure n’a pas plus de succès que les précédents.
Mais si elle ne peut pas acheter la commune peut louer. Le 12/08/1838, un bail est conclu, au loyer de 100 francs sur une durée d’un an à partir du 1er juillet 1839. La grande maison est répartie entre le propriétaire et le locataire : "Le rez-
Les Pompidor doivent, à leurs frais, faire construire 2 cheminées ainsi que tout le nécessaire pour y faire du feu. Le travail doit être terminé à la fin du mois d’octobre 1839 [probablement pour la rentrée des classes].délibération du Conseil du 21/02/1842 apporte une idée nouvelle : on logera non seulement l’instituteur mais aussi l’institutrice. Bien entendu cette option implique l’acquisition de la totalité de l’immeuble à 6000 francs. On compte dans la commune " plus de 1200 habitants si bien que l’école serait fréquentée par un grand nombre d’élèves des 2 sexes."L’aide gouvernementale n’est toujours pas accordée. Il est vrai par ailleurs que Mosset attendra 20 ans pour avoir une institutrice publique.délibérations en 1842 et 1843 sans plus de résultats jusqu’à celle de 1844. Le 11/02/1844, en présence des plus imposés, l’accord est obtenu pour une imposition extraordinaire de 1100 francs payables en 2 ans, le reste étant payé par l’État.partie de la maison de la dite rue del Trot est donc achetée à Sébastien Pompidor. Dans la promesse de vente du 16/05/1844, la partie de maison concernée correspond au 2 Plaça San Julia. Son prix est de 3000 francs
La maison Pompidor qui avait été louée nue nécessite quelques achats complémentaires : le 15/10/1843, on décide de faire confectionner des meubles, 2 bancs, un tableau et 2 tables au prix de 33 francs.
La réunion du Conseil Municipal du 09/06/1844 en confirme les conditions. Il est entendu que le financement se fera de la façon suivante : 1900 francs de subventions et 1100 francs à la charge de la commune, au titre d'une contribution extraordinaire et le paiement se fera en 3 versements par an de 2000, 500 et 500 francs. (ADPO 2OP2265)
Le conseil est composé de : Maurice Corcinos, maire, Cantié Joseph, adjoint, Ville François Léon, Marty Jacques (1792 -
Joseph Cantié (1796-
Acte d’achat de la maison d’école et de la mairie
Les deux actes de vente des deux parties de l’immeuble sont signés successivement chez maître Bonaventure Xatart (1803-
Achat par Gaspard Palol
La partie acquise par Gaspard Palol qui correspond à l’actuel 2 Carretera de Prada, est située en 1846 dans la rue del Trot. La Carretera de Prada n’existait pas et la rue del Trot se prolongeait par l’actuelle rue de Santa Magdelena.maison confrontait
du levant Michel Arrous, rue au milieu [maison qui a été détruite lors de la construction de la route de Prades en 1883] et les héritiers d’Isidore Escanyer. [4 Carretera de Prada]
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Aux fenêtres de la moitié de maison, objet de la présente vente, et qui prennent jour par le ciel ouvert, Pompidor sera tenu de placer, à ses frais, une petite grille en fer. Une telle grille existe déjà au ciel ouvert afin que le sieur Palol ne reçoive, dans l’égout, que les eaux pluviales et non autre chose. Cette grille devra être entretenue par le sieur Pompidor et changée à ses frais toutes les fois qu'elle ne pourra plus servir.
Le sieur Pompidor ne pourra jamais couvrir le ciel ouvert ni diminuer le jour, ni l'amortir. Cette ouverture devra toujours exister tel qu'elle se trouve aujourd'hui.
Le prix de vente est fixé à 2800 francs 1000 francs payables lorsque les obligations administratives seront remplies et 1800 francs dans 3 ans avec l'intérêt légal. (ADPO 3E77 21)
Achat par la mairie représentée par le maire Maurice Corcinos.
L’autre moitié de l’immeuble, au 2 Plaça Sant Julia, était, elle aussi, située dans la rue del Trot, ainsi que le ciel ouvert. Elle confronte :
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Choix d'un instituteur communal en 1834
En vertu de l'article 17 de la loi Guizot, Mosset est tenu d’avoir un instituteur communal. Le 24 mai 1834, le Conseil municipal délibère pour désigner un candidat au poste et le présenter pour agrément au Comité d'Instruction Primaire du Canton de Prades,
Le choix doit se faire entre les deux instituteurs, déjà en place à Mosset etexerçant en école privée
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Ayant obtenu 8 suffrages sur 10, le second est désigné. Il sera l'instituteur communal de Mosset jusqu'en 1843.
Gaudérique Galaud instituteur communal
Gaudérique Joseph Ignace Galaud dit Candelou est né à Mosset le 8 avril 1798, fils de Jacques, propriétaire, et de Marie Pacouil.
Il obtient son brevet de capacité depuis peu, le 22 mars 1832.
Nommé à l’école primaire de Mosset en 1834, il dispose d’un revenu annuel d’environ 500 francs. (ADPO 1T60)
En 1835 il a en moyenne 30 élèves non pensionnaires, qui payent une rétribution fixée par le Conseil Municipal de0,75 ou 1 ou 1,25 franc. (ADPO 1T38)
Il est considéré comme de bonne moralité mais ses capacités sont jugées insuffisantes. En 1838-
En 1831 il élu sergent major de la Compagnie de la Garde Nationale locale.
En avril 1843 il quitte son poste et est donc révoqué le 30 novembre 1843. Il décèdera à 46 ans le 28 décembre 1844 laissant deux enfants dont un fils Joseph de 12 ans qui, adulte, ne mesurera pas plus de 1,53 mètre mais qui sera instituteur puis professeur de Français à Paris.
Revenus de l’instituteur et budget de la commune
L’instituteur a un revenu qui a 3 origines
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Ces classes doivent probablement dépendre des impôts locaux payés par les parents.
Le budget de la mairie est de 200 francs auxquels s’ajoutent le logement de la famille de l’instituteur, la mise à disposition d’une salle de classe équipée. En 1837, Gaudérique Galaud ayant déjà une salle de classe, la commune lui verse 30 francs. Mais il est dépourvu de tables et bancs qu’il faut faire fabriquer par Maurice Laguerre (1792-
Un an plus tard c’est la commune qui fournit la salle de classe et le logement de l’enseignant. Le loyer annuel correspondant est de 100 francs. Le bailleur est le maire, Barthélemy Lavila dûment autorisé par le Conseil. .
Au total le budget annuel communal est de 300 francs.
Séquestration
Dans l'affaire de la "Séquestration pour un mariage" de 1839, Gaudérique Galaud est un des acteurs de la tragicomédire vécue par le Docteur Bazinet et la belle Clotilde Matheu. Gaudérique Galaud intervient comme épicier.On sait que le traitement d'instituteur au XIXe siècle était souvent complété par les membres de l'Instruction publique par d'activités à but lucratif : secrétaire, agent d'assurance, épicier...Voir le JDM N°64.
Départ de Galaud
Au 14/08/1842, un Conseiller Municipal déclare que depuis 1 mois et demi (01/07/1842) M. Galaud, instituteur communal n’a plus ouvert sa clase et a fait faire des criées pour vendre son mobilier et affermer ses propriétés pour aller s’établir ailleurs. Il est à considérer comme démissionaire et il faut le remplacer. Les abandons de poste ne sont pas rares chez les instituteurs du début du XIXe siècle. Mal payés,ils recherchent des revenus supplémentaires ; ils sont secrétaires de mairie la plupart du temps. Nombreux sont ceux qui démissionnent pour entrer dans des actévités mieux rémunérées tels que ponts et chaussées ou vérificateurs des poids et mesures.
Michel Torreilles instituteur communal
Dans la réunion du 4/2/1844 du Conseil Municipal la candidature de Michel Torreilles est examinée. Né en 1823 à Saint-
Il a fréquenté l’École Normale [Le premier normalien de Mosset]. La création d’une école normale de Perpignan, envisagée en 1828, ne sera effective qu’en 1834. Concurrente des séminaires elle finira, mais pas sans difficultés, par s’imposer. A Mosset, cinquante ans plus tard Philippe Arbos (1858-
A Mosset en 1843/1844, il recevra 35 élèves en moyenne annuelle (hiver et été), aucun pensionnaire, 30 payants et 5 gratuits. Le taux de rétribution moyen est de 1,5 franc et son traitement de 200 francs.
Son dossier d’appréciations nous apprend qu’il est "assez bien" en moralité, considération, relations, zèle, capacité mais d’un caractère léger, difficile. Les devoirs sont assez bien remplis.
Il cesse ses fonctions le 30/04/1846 pour aller au Boulou. Dans son dossier, on peut lireà la date du 15/04/1847 : réprimande et suspension d'un mois avec privation de salaire.
"Ne remplissait pas ses devoirs et ne tenait point une conduite digne de l'emploi qu'il occupe.
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Il a été introduit devant la commission de suspension pour faire entendre son avis sur ces accusations. Il a reconnu les faits sauf sur le premier point. Sur le dernier il déclare faire de son mieux."
On le retrouve à Canohès où il y est apprécié. Le 10/04/1851, il démissionne pour entrer dans l'administration comme agent voyer. (ADPO 1T140)
L'école de Mosset qui n'a pas d'instituteur depuis le départ de Michel Torreilles choisit de proposer un bachelier
Un jeune instituteur de la callée prendra le poste : André Vernet (1821-
"L'ordonnance du 29 février 1816 oblige en principe tout maître d'école à être muni d'un « brevet de capacité » : brevet du 3 degré, pour l'obtention duquel il suffit de savoir lire, écrire et compter ; brevet du 2 degré, qui nécessite la connaissance de l'orthographe et du calcul ; ou brevet du 1 degré, qui suppose en outre certaines notions de grammaire, d'arithmétique et d'arpentage. Ces exigences paraissent bien modestes ; et pourtant, en 1833, « de nombreux instituteurs exercent sans aucun brevet... Au même moment, le brevet du 3 degré, si fruste, est celui de la majorité des maîtres. Si bien que dans le corps enseignant d7un département, la proportion des enseignants sous qualifiés aucun brevet ou 3e degré seulement souvent et parfois dépasse 80 %... ». Dans les Pyrénées Orientales, environ les trois quarts des instituteurs recensés à cette époque sont ainsi sous qualifiés : près de 15 % exercent sans brevet et quelque 60 % ne sont titulaires que d'un brevet du 3 degré (ADPO-
Elèves indigents exemptés de contribution
Ecoliers exemptés
Le 9 août 1840, le Conseil Municipal dresse la liste des élèves exemptés de la contribution mensuelle (Article 14 de loi du 28 juin 1833.).
Ils font l'objet du tableau ci-
C'est leur première année d'école.
Elèves indigents exemptés de contributions |
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Nom et prénom |
Père |
Nom et prénom |
Père |
Ollo Giles |
Indigent |
Pacouil Joseph 1833- |
Tisserand |
Ribes Julien (1834- |
Journalier |
Brunet Pierre |
Forgeron |
Freu Dominique (1834- |
Journalier |
Font Paul |
de l'Hospice |
Bazinet Thomas (1834- |
Travailleur |
Fabre François |
Indigent |
Fourquier Blaise (1834) |
Journalier |
Bouvrier Gaudérique |
Guillou |
Grau Sébastien (1833) |
Journalier |
Sarda Hyacinthe (1835- |
Catinat |
Cayrol Clément |
Tailleur |
Chambeu Jacques (1834) |
Travailleur |
Gaché Adolphe (1833- |
Cordonnier |
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Correction manuelle
Lin Jean Jacques Cantié né le 15 juin 1829 à Mosset, est instituteur à Vernet depuis le 10/06/1850. Il est ancien élève de l'Ecole normale de Perpignan
Le 15/03/1851 il a la visite de l'Inspectrut primaire Bareu qui rédige le rapport suivant :
"Cette école dirigée avec assez d'intelligence par un instituteur capable, offre des résultats satisfaisants pour la lecture, la grammaire, le calcul et le catéchisme. L'écriture seule me paraît à surveiller, les cahiers sont mal tenus.
A mon entrée dans l'école, trois des premiers enfants qui apprennent à lire et que le maître avait mis à genoux m'ont fait supposer, par leurs pleurs et leurs contorsions, qu'ils venaient d'être l'objet d'une correction manuelle. Le sieur Cantié m'a avoué en effet, qu'il venait de leur administrer la férule à cause de leur dissipation. Leurs mains très enflées portaient une forte empreinte de la baguette qui venait de servir d'instrument. Je suis porté à croire que cet instituteur emploie souvent la correction manuelle car c'est en riant qu'il me dit avoir corrigé les 3 jeunes enfants à cause de leur dissipation.

Bien que j'ai blâmé le sieur Cantié de sa sévérité en présence de Monsieur le curé, je suis d'avis qu'il soit réprimandé par vous ou par le conseil académique pour une pareille violation du règlement. Cet instituteur ne me paraît pas aimer les enfants."(ADPO 1T430).