XXe siècle - Anecdotes - Accident à Cobazet - Histoire de Mosset

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

XXe siècle - Anecdotes - Accident à Cobazet

XIXe siècle > Anecdotes


Accident à Cobazet


Étant en tournée dans la commune de Mosset, le 29 juillet 1890, avons [La gendarmerie] été informés qu'un accident avait eu lieu ce matin à "Estardé"  où Monsieur Carbonne Jean Baptiste (1844), régisseur de Monsieur Chefdebien, occasionné par le chemin de fer américain servant à l'exploitation de la carrière de talc du Caillau.
Freu Dominique (1834), 56 ans, journalier à Mosset :
"Ce matin nous sommes arrivés vers 6 heures avec un chargement de talc composé de six wagonnets. Nous y étions tous montés dessus. Le nommé Sarda Pierre (1869-1933), qui était sur celui de derrière, où se trouve le frein servant à arrêter le chargement n'a pas serré assez tôt. Les wagonnets qui étaient lancés ont tamponné le point d'arrêt. Le premier, sur lequel Carbonne se trouvait a déraillé et cet homme a été projeté dans le vide d'une hauteur de six mètres où il s'est fait quelques blessures.
Relevé aussi tôt, nous l'avons transporté chez lui à "Cobazet" où nous lui avons prodigué les soins les plus empressés en attendant l'arrivée du médecin."
Montrepaux Jean Dominique (1872-1916), 18 ans, journalier à Mosset :
"Ce matin en venant à "Cobazet", nous étions montés sur les wagonnets chargés de talc que nous conduisions à "Estardé". Le Sieur Sarda, qui était monté sur celui de derrière, et chargé de régler la vitesse, n'a pas serré le frein assez tôt, et les wagonnets lancés par suite de la pente qu'a la voie pour arriver à cet endroit ont tamponné le point d'arrêt. Le premier sur lequel se trouvait le sieur Carbonne a déraillé et celui-ci a été projeté dans le vide d'une hauteur de 6 mètres environ. Nous l'avons relevé aussitôt et conduit chez lui à "Cobazet", où nous lui avons donné les premiers soins, en attendant l'arrivé du médecin que nous avons fait appeler à la hâte.
"
Sarda Pierre, 22 ans, journalier à Mosset, chargé de la conduite de ce chargement :
"Ce matin, je conduisais six wagons chargés de talc de Cobazet à "Estardé". En y arrivant comme je marchais très doucement, je n'ai pas serré le frein croyant que le wagonnet s'arrêterait au point habituel mais il n'en a pas été ainsi.. Quand j'ai vu que le chargement allait arriver au point d'arrêt, j'ai serré le frein  mais en vain, le chargement a tamponné contre le mur  servant de point d'arrêt  et le premier wagon sur lequel se trouvait Carbonne a déraillé et celui-ci a été projeté d'une hauteur de six mètres. Nous l'avons relevé aussitôt et nous lui avons prodigué les premiers soins.
Je le répète, j'allais très doucement et ne puis m'expliquer comment les wagons sont allés tamponner le pont d'arrêt. Je croyais même qu'ils n'arriveraient pas à l'endroit ou on les décharge."
Carbonne Jean Baptiste, 40 ans, régisseur de Monsieur Chefdebien :
"Ce matin vers cinq heures, je suis parti de "Cobazet" avec les ouvriers pour aller conduire un chargement de talc à "Estardé". Nous étions tous montés sur les wagons. En arrivant voyant que nous allions un peu trop vite, j'avais fait signe à Sarda (à cause du bruit que faisaient les wagons) de serrer le frein. Il n'a pas pris les mesures assez tôt et les wagons ont tamponné au point d'arrêt. Le premier sur lequel j'étais posté a déraillé et j'ai été projeté au bas d'une hauteur de six mètres. Je me suis fait quelques contusions aux bras et aux jambes. J'ai eu la lèvre inférieure coupée."
Nous avons constaté que la victime en tombant a reçu quelques légères contusions aux bras et aux jambes. Elle s'est fait une entaille à la lèvre inférieure d'une longueur d'un centimètre environ sur un demi-centimètre de profondeur  qui a nécessité un point se suture.
Le médecin qui a été appelé pour prodiguer les soins au blessé a déclaré que les contusions et la blessure reçue par ce dernier  n'avaient aucune gravité et que tout au plus elles nécessitaient 4 ou 5 jours de repos.
Examen des lieux faits, nous avons constaté que l'endroit où on décharge le talc la voie présente une surélévation de 6 mètres ; là il y a un   point d'arrêt consistant en un mur de un mètre de hauteur  et trois gros poteaux qui sont fixés à une forte barre de fer. Le choc a dû être assez violent car cette barre a été arrachée des poteaux  et le mur fortement ébranlé.

(ADPO Procès verbal de gendarmerie)

 
Mis à jour le 03/02/2017
Retourner au contenu | Retourner au menu