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L'assignat est une monnaie-
Pour réduire l'inflation et, par conséquent les billets en circulation, la Convention puis le Directoire mettent en place le contrôle des prix. (Loi dite du maximum de septembre 1793) et lancent un emprunt forcé. Le contrôle des prix ne conduit pas à leur baisse mais crée la pénurie.
En janvier 1796 les assignats en circulation correspondant à 45 milliards de livres. Sur décision du Directoire, l'assignat est finalement abandonné avec faste. Les planches à billets, les poinçons, les matrices et les plaques sont brûlés en public place Vendôme à Paris, le 19 février1796 (30 pluviôse, an IV).
Le 16 mars 1796 (26 ventôse an IV), alors que l'assignat vient d'être abandonné, un état financier sur les dépenses administratives du Canton en 1796 illustre parfaitement cette inflation. On y lit qu'un coursier, payé 72 livres par an en 1790, reçoit maintenant 18 288 livres en assignats. Les frais de bureau de la mairie (papier, bois, lumière, cire à cacheter...), à 150 livres en 1790, s'élèvent à 38 100 livres en assignats.

En ce qui concerne la commune de Mosset, on y relève que le salaire annuel des 2 gardes champêtres est passé de 200 livres chacun à 101 600 livres.
Le serrurier "chargé d'avoir soin de l'horloge" qui percevait 60 livres en 1791, reçoit, en 1796, 15 240 livres en assignats.
Le budget de réparation et d'entretien de la fontaine publique est passé de 100 livres en 1790 à 25 400 livres en assignats. À noter, de plus, que les fonctionnaires étaient payés en assignats alors que les marchands ne les acceptaient plus.
(ADPO LP1335)
Politiquement et socialement, les assignats permettent un massif et large transfert de propriété en un temps très réduit. Surtout, les assignats attachent au nouveau régime tous les acquéreurs de biens nationaux qui redoutent désormais le retour de la Monarchie. (Wikipedia 11/2010)A Mosset les plus importants acquéreurs de biens nationaux, Corbiac, les forges et les moulins, sont Joseph Prats, Julien Corcinos, Isidore Lavila, Maurice Matheu.

L’emprunt forcé est un autre moyen de réduction de l’inflation. Il résulte de la loi du 10 décembre 1795 (19 frimaire de l'an IV) ; son montant est de 600 millions de francs au taux symbolique de 1%. Il concerne les chefs de famille disposant d’un patrimoine important. Ce n’est pas un impôt sur la fortune mais une avance sur les impôts à verser dans le futur.modalités d’exécution ne sont fixées que le 24 décembre 1795 par la loi qui précise que le payement doit intervenir avant le 19 janvier 1796. A Mosset personne ne se précipite pour apporter sa quote-
(ADPO L380)

La liste des "contribuables aisés" n’est pas connue mais on connaît ceux qui ont demandé des allègements. premières réclamations du 31 janvier signifient bien que le délai initial du 11 janvier n’a pas été tenu ; le dossier ne sera clos qu’au mois de mai suivant.
Les premières réclamations sont examinées le 31 janvier 1796 (11 pluviôse an IV) à Mosset par l’Administration cantonale. (ADPO Lp1335 et Lp1330)
Réclamation de Joseph Prats (1747-
"L'Administration municipale du canton de Mosset" prend en considération la réclamation du pétitionnaire, "attendu que l'évaluation de ses biens se monte à la somme de 22.950 livres en capital." Elle note que "le pétitionnaire a perdu la récolte par la grêle générale au territoire de cette commune," que "le pétitionnaire a fait des pertes assez considérables par l'invasion de l'ennemi"et encore que "c'est plus par son désir actif à la culture des terres que par l'étendue des biens qu'il possède que le pétitionnaire a acquis un nom au-
"L'Administration municipale d'après tous ces motifs estime qu'il y a lieu de réduire la taxe du pétitionnaire."
(Lp 1335 N° 15)
Il ne faut pas oublier que l'administration municipale du canton est présidée par Prats. Le secrétaire çois Seguy (1771-
Joseph Prats (1747-
« a acquis un nom au-
Réclamation de Martin Climens
Martin Climens (1747-
(Lp 1335 N° 14)
Réclamation de Julien Corcinos (1745-
Lui aussi est taxé au tiers de la somme de 900 livres "sur la base d'un capital de 40.000 livres en assignats.
(Lp 1335 N° 12)
Réclamation de Maurice Matheu (1732-
Maurice Matheu
Il sera déclassé de la 13e à la 11e classe.
(Lp 1335 N° 10)
Réclamation de Étienne Parès (1767-
Pour un capital de 8.000
Considérant que les raisons alléguées par le pétitionnaire sont justes, l'Administration estime qu'il y a lieu d'accueillir les réclamations du pétitionnaire.
(Lp 1335 N° 13)
Réclamation de Isidore Lavila (1758-
Mosset le 9 février 1796 (20 pluviôse an IV)
Son capital a été estimé à la somme de 80 000
Sur ces motifs l'Administration municipale estime qu'il y a lieu de fixer la somme que doit payer le pétitionnaire pour l'emprunt forcé sur le pied du capital ci-
Isidore Lavila sera déclassé de la 9e à la 5e. classe.
(Lp 1335 N° 22)
Réclamation de Pierre Thomas, commissaire de l’Administration cantonale
Les capitaux des "biens de Thomas père et fils ont tous étés portés sur la tête du fils Pierre de sorte que la somme globale se porte à 9000 livres attendu que Cosme Thomas père n'est plus aujourd'hui dans le cas de bien gérer à cause de ses infirmités. Le capital du père se porte à 4 600 livres.".
Cosme Thomas (1742-
(Lp 1335 N° 11)
Les autres réclamations des villages vouisins sont celles de Augustin Salies (1771-
Après quoi le Commissaire Pierre Thomas
(ADPO L380
Ce qui précède permet de se faire une idée du patrimoine de la classe dirigeante de Mosset en 1796. Les 5 les plus importants sont classés par ordre décroissant dans la deuxième colonne du tableau ci-
Quelle a été l’évolution depuis la fin de l’ancien régime ?
Un registre, en langue catalane du 3 janvier 1787, donne une estimation en francs de la valeur des terres, exprimée en revenus, de la baronnie de Mosset. Elle exclut les autres biens tels que les propriétés bâties et les industries, lesquelles sont à cette époque sous la coupe de d'Aguilar..
(ADPO 100 EDT19)
( http://www.histoiredemosset.fr/proprietaires.html )
La répartition par propriétaire est alors celle de la première colonne du tableau avec l’indication des revenus.Si on exclut le premier et dernier citoyens, les revenus des 3 autres sont de 900 francs à 1% près, ce qui autorise, en pratique, le classement présenté.
Le top 5 des plus riches Mossétans (francs) |
|
1787 (Revenu) |
1796 (Capital) |
| Joseph Prats (22 950) |
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Lin Climens (1384) |
Martin Climens (1) (20 000) |
Julien Corcinos (885) |
Julien Corcinos (20 000) |
Maurice Matheu (906) |
Maurice Matheu (12 000) |
Joseph Prats (894) |
|
Isidore Lavila (569) |
Isidore Lavila (10 450) |
(1) fils aîné de Lin Climens décédé |
|
Bien que la comparaison entre 1787 et 1796 manque de rigueur, puisque d’un côté il s’agit de revenus et de l’autre de capital, on peut faire les observations suivantes :
1 -
2 -
3 -
4 -
5 -
Bien entendu, ils n'ont pas été les seuls Mossétans engagés dans l'action. Il y a aussi, ce qui pourrait être une classe moyenne supérieure, Isidore Porteil (1758-
6 -
Les biens nationaux provenant des émigrés et des ecclésiastiques étaient essentiellement des biens immobiliers. Mais les biens mobiliers, d'une valeur beaucoup plus faible, ont également été saisis et vendus aux enchères. Les meubles des d'Aguilar à Perpignan ont été vendus entre 1794 et 1796 pour 372 345 livres.
Ceux du château de Mosset, vendus le 23 octobre 1793, n’ont rapporté que 593 livres, on sait que Mosset n’était plus une résidence des d’Aguilar depuis les années 1700.
Ces ventes permettent de se faire une idée de l'équipement des habitations les plus confortables de la fin du XVIIIe siècle.
Dans la procédure correspon p ondante de cession, définie par l'Administration, une attention particulière est donnée aux meubles de valeur tels que ceux qui sont portés dans l'inventaire retranscrit ci-
(ADPO Lp1332).
Cas particulier des glaces
Les glaces
Les chaises et fauteuils rembourrés
Commodes
Secrétaires
Lits de maître avec leur garniture
Tout ustensile de métal
Ouvrage de marqueterie
Tables de marbre
Armoire de noyer ou d'autres bois précieux
Les jarres
Toute espèce de futaille
Les robes de soie
Les dentelles
Marchandises en pièces, draps, toiles
Les draps de lit et linge de table fin
Rideaux de fenêtre
Les paravents
Tasses et vases de porcelaine
Toute espèce de faïence blanche ou peinte
Toute espèce de tapisserie
Tout instrument d'art
Toute espèce de drogues
Cuir et autres marchandises neuves, œuvrées et non œuvrées
Les laines en Suin [laine non lavée] et lavées.

dimensions, savent combien la tâche est rude. Aussi, le 18 octobre 1797 (27 vendémiaire an VI), l'Administration Départementale diffuse la demande du Ministre des Finances dont le but est de faciliter la vente des glaces. "Celles des maisons vendues pourront, après estimation, être vendues à leurs acquéreurs qui souhaiteront les conserver, ou, dans les cas contraires, séparément à d'autres acquéreurs, dans les mêmes conditions que le mobilier national"
Cette armoire marquée 1790
œuvre du menuisier
Joseph Estève (1761-
pour Joseph Prats
du 3, 5, 7 et 9 Carrer del Portal de França
Les bourgeois de l’époque, comme à toutes les époques, possédaient des habitations à la hauteur de leur rang. Deux siècles plus tard, elles sont toujours debout mais leurs propriétaires ont tous quitté le village avant 1900. Délaissées mais de qualité, ces maisons ont séduit de nouveaux venus qui les ont rénovées.
Une des plus caractéristiques est celle de Maurice Matheu ; juge de Paix, il y rendait la justice. En sa mémoire, René Mestres, en 1991, a fait en sorte qu’elle soit celle du 7 Escaler del Jutge.
Avec ses 184 m2, elle est comparable, en surface, aux 188 m2 de celle de Martin Climens des 15 et 17 Carrer de las Sabateras et aux 185 m2 de celle d'Isidore Lavila du 2 Carrer del Trot. La plus modeste, de 143 m2 cependant, est celle de Joseph Prats qui correspond aux habitations actuelles des numéros 3, 5, 7 et 9 du Carrer del Portal de França. Enfin celle de Julien Corcinos, 160 m2 est au 9 Carrer de la font de las Senyoras dans la vieille Ville.





Il est demandé de à l'Administration locale de signaler tout émigré qui réapparaîtrait sur le territoire du canton. Rappelons que das la commune de Mosset, les seuls emigrés, avant 1796, sont les frères d'Aguilar et les prêtres Sébastien Matheu (1721-
"On n'entend parler dans ce canton ni des émigrés ni des prêtres déportés. Je ne me négligerai point de vous instruire sur leur entrée s'ils étaient assez hardis pour entreprendre de réapparaître sur le sol de la République qu'ils n'ont cessé de méconnaître. Salut et fraternité." écrit, le 11 mai 1796, le commissaire du canton Pierre Thomas.
(ADPO L380)
Par ailleurs la liquidation des biens nationaux des émigrés posent quelques problèmes administratifs liés aux identités des personnes. Une pétition de Julien Cortie de Nohèdes est relative à la restitution des biens d'un autre Julien Cortie prêtre déporté. Une autre réclamation est de Jacques Grand, qui est présumé émigré.En fait, elle concerne l'afferme de ses biens. Celle ds Jacques Rivals porte sur la liquidation de ses créances sur les biens de l'émigré Sauveur Combaut de Campôme et sur les biens de l'émigré Pierre Saletes de Molitg.
Joseph Prats (1742-
Le 23/11/1795 (2 frimaire an IV), " l'Administration étant instruite depuis le 20 du mois dernier et remplissant les fonctions qui lui sont attribuées par la loi, elle s'est assemblée le 30 dudit mois conformément à l'arrêté de l'Administration départementale en date du dernier n'ayant pu s'assembler plus tôt à cause du mauvais temps."
Le premier but de cette assemblée a été de se conformer à la loi du 3 brumaire dernier qui exclut toute fonction publique tout parent d'émigrés jusqu'au degré porté par ladite loi.
Voulant donc se conformer à ladite loi, après avoir ouï le commissaire du directoire exécutif, elle a exhorte tous les membres formant ladite Administration de faire la déclaration s'il est présent d'aucun émigré dont il ne s'est trouvé que le citoyen Prats président qui dans le cas mais l'Administration voulant aussi se conformer à l'article 4 de ladite loi, ayant vu que ledit Prats a toujours rempli des fonctions politiques depuis l'époque de la Révolution, elle a déclaré qu'elle ne pouvait prendre la démission du dit Prats s'et l'a obligé à remplir les fonctions qui lui sont attribuées par la loi.
(ADPO Lp1334).
Un bilan simplifié des actifs et passifs de la commune au 20 prairial an IV (8 juin 1796) doone en particulier la liste des biens immoboliers.
Actifs
1 -
2 -
3 -
4 -
5 -
Soit un total de 1062 livres
Ne sont pas mentionnés l'église et le presbytère, ancie,s biens religieux, cataloguès comme biens nationaux.
1 -
Pétition des tenanciers du ruisseau "Rec de la Vila"de Mosset
Vu la délibération prise par les tenanciers du terroir de Mosset qui arrosent leurs propriétés avec l'eau du ruisseau commun dit "Lo Rec de la Vila," l'Administration municipale du canton de Mosset considére :
-
-
-
-
Sur ces motifs, l'Administration estime qu'il y a lieu d'approuver la délibération afin qu'elle porte son plein et entier effet.
Fait à Mosset le 28 juillet 1796 (10 thermidor an IV).
(ADPO Lp1335)

Pétition de Dervals Ardena Xabaslida (1) (ou CABASTIDA le 05/06/1796) -
L'Administration municipale du canton de Mosset considérant que le pétitionnaire, par l'effet de l'abolition du régime féodal, a perdu les droits qu'il avait sur le réseau minéral de Molitg en sa qualité de seigneur ou justicier, a conservé, sans contredit, la propriété des bâtiments qu'il a fait construire et qui procurent, aux personnes malades, des commodités qui leur sont indispensables et dont elles étaient privées avant la formation de cet établissement. Il en résulte, qu'il est de toute justice que les personnes qui voudront se baigner dans les baignoires nouvellement construites doivent payer un droit au propriétaire des baignoires.
D'autant que l'ancienne grotte, où l'on se baignait, existe toujours et que les personnes; qui ne voudraient pas souscrire à payer une certaine rétribution; auront la faculté de se baigner dans l'ancienne baignoire à laquelle aboutit une partie de la source minérale.
Considérant, en outre, qu'il est du devoir de l'Administration de protéger et favoriser un établissement dont l'utilité ne saurait être contestée, que le ci-
Considérant enfin que les personnes qui ont besoin de prendre des bains puissent faire usage de ce remède sans craindre d'être troublées.
Dans les circonstances d'un concours considérable que pour prévenir le désordre que pourrait arriver à cet égard il convient que chacun des malades sache l'heure à laquelle il devra prendre les bains.
Sur ces motifs oui le commissaire du directoire exécutif, l'administration municipale de Mosset estime :
-
-
-
Vers le 10 thermidor an IV (28 juillet 1796)
Signée Pacouil, Berjouan, Laguerre
(ADPO Lp1335)
(1) Molitg de Rosensrein page 14 -
Le tableau ci-
Il ne tient pas compte des enfants de moins de 12 ans. En ce qui concerne Mosset comme la population totale est de 1000 habitants, les enfants avant 12 ans sont au nombre de 62 soit 16% du total de Mosset.
La population de Mosset n’est pas loin de la moitié de celle du canton (42%). et des 2/3 de celle de la vallée de la Castellane (69%).
Enfin les femmes sont moins nombreuses que les hommes ; 85 % seulement. La raison est bien connue : les décès "en couches."
(ADPO L380)
Communes |
Hommes |
Femmes |
Total |
Citoyens |
Jurés |
Electeurs |
Mosset |
445 |
393 |
838 |
202 |
58 |
43 |
Molitg |
169 |
170 |
339 |
133 |
24 |
28 |
Conat |
119 |
95 |
219 |
75 |
||
Urbanya |
111 |
101 |
212 |
87 |
20 |
4 |
Nohèdes |
80 |
67 |
147 |
52 |
||
Campôme |
125 |
95 |
220 |
80 |
13 |
13 |
Canton |
1049 |
879 |
1929 |
529 |
87 |
83 |
1 - Sas les enfants de moins de 12 ans 2 - Citoyens qui payent des impôts 3 - Les plus imposés |
||||||