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Enseignement à Mosset avant 1834
Sous l’Ancien Régime l’enseignement est sous la dépendance du clergé. Le financement vient uniquement des familles et donc exclue la quasi-
"Avant la Révolution, il y avait à Perpignan cinq établissements pour l'éducation de la jeunesse :
l'université : 19 professeurs, 240 élèves,
le collège : 10 professeurs, 260 élèves,
le pensionnat : 3 professeurs, 50 élèves,
l'académie : 5 professeurs, 20 élèves,
le séminaire : 3 professeurs, 40 élèves." (ADPO 1T36)
Pendant a Révolution le monopole religieux est remis en question. L’enseignement primaire commence à s’organiser mais ses effets restent très limités en ce qui concerne l’enseignement primaire.
Situation générale au début du XIXe siècle
Durant les premières décennies du XIXe siècle, la situation de la plupart des instituteurs est misérable. L'enseignement ne rapporte bien souvent pas de quoi vivre et le maître d'école s'adonne couramment à une ou plusieurs autres activités. Il peut être en même temps non seulement secrétaire de mairie et chantre de la paroisse, mais aussi greffier, revendeur, barbier ou cultivateur. Ce n'est pas sans raison qu'en 1833 les enquêteurs envoyés par Guizot doivent indiquer, pour chaque instituteur, si celui ci n'exerce pas "quelque autre profession incompatible avec les fonctions de l'enseignement." Avant 1816, les candidats ne sont officiellement requis de présenter aucun titre prouvant leurs connaissances. Le métier d'instituteur, guère considéré et très mal payé, attire surtout des incapables, estropiés, chétifs ou paresseux ; à partir de la loi Gouvion Saint Cyr, promulguée en 1818, il permet d'échapper gratuitement au service militaire. Ainsi le recrutement s'effectue selon des critères en général négatifs. On conçoit dès lors aisément que le niveau moyen des maîtres laisse fort à désirer ; à tout le moins, leur compétence est extrêmement inégale. L'ordonnance du 29 février 1816 oblige, en principe, tout maître d'école à être muni d'un "brevet de capacité" : brevet du 3e degré, pour l'obtention duquel il suffit de savoir lire, écrire et compter ; brevet du 2e degré, qui nécessite la connaissance de l'orthographe et du calcul ; ou brevet du 1er degré, qui suppose en outre certaines notions de grammaire, d'arithmétique et d'arpentage. Ces exigences paraissent bien modestes ; et pourtant, en 1833, "de nombreux instituteurs exercent sans aucun brevet. Au même moment, le brevet du 3ème degré, si fruste, est celui de la majorité des maîtres. Si bien que dans le corps enseignant d’un département, la proportion des enseignants sous qualifiés, aucun brevet ou 3e degré seulement, atteint souvent et parfois dépasse 80 %."
Dans les Pyrénées Orientales, environ les trois quarts des instituteurs recensés à cette époque sont ainsi sous qualifiés : près de 15 % exercent sans brevet et quelque 60 % ne sont titulaires que d'un brevet du 3e degré (ADPO -
Les instituteurs depuis 1778
Craste Paul – Instituteur en 1778 et en 1793
L’instituteur Paul Craste (avant 1756-
Il est cité par Ruffiandis à la page 66 de Mosset Vielle cité : "En 1778 c'est un laïque qui est chargé d'apprendre à lire et à écrire aux enfants de Mosset. Paul Craste de Serdinya, promu régent, reçoit à cet effet 165 livres par an ; un jour, fatigué de réclamer son dû, il se retire dans son village natal après avoir adressé une plainte au viguier du Conflent. Celui-
Quinze ans plus tard et pour la même raison, il est cité dans les archives de la Justice de Paix à Mosset le 9 décembre 1793 (19 frimaire an II)
"Sur l'exposé à nous fait par le citoyen Paul Craste qu'il lui est dû, par la commune de Mosset, 55 livres 13 sols 4 deniers pour entier payement de ses gages de Régent des enfants de la ville commune.
C’est pourquoi Paul Craste demande que la municipalité de Mosset soit tenue à lui payer 55 livres 13 sols 4 deniers. Nous citons la municipalité de Mosset et pour elle le citoyen Joseph Estève (1761-
Signé : Maurice Matheu, Seguy Greffier (ADPO 100EDT48)
Roquelaure Baptiste – Instituteur en 1795
Baptiste Roquelaure, instituteur, apparaît dur les états de comptes de recettes et dépenses de Mosset en 1795. (ADPO L 1405)
Jauze Mathieu – Instituteur en 1801
Le 15 août 1801, "Napoléon signe avec Pie VII le Concordat qui, complété par les articles organiques, réglera pour cent ans les rapports de la Nation française et de l'Église catholique. Le décret du 17 mars 1808 (art. 38) indique que les écoles devront prendre pour base "les préceptes de l'Église catholique."
"L'enseignement primaire est entièrement abandonné aux Frères des écoles chrétiennes chargés de former des instituteurs (art. 109, décret 1808). L’État ne dispose pas d'une administration pour contrôler l'instruction primaire et beaucoup de communes n'ont pas d'écoles. Mais les évêques perdent déjà certains pouvoirs au bénéfice des recteurs."
L’enseignement en 1802
"Il y a aujourd'hui à Perpignan [1802 ou An X] une École Centrale et deux pensionnats, il y a aussi un pensionnat à Prades. Le pensionnat à Prades a cinq professeurs et 100 élèves.
On enseigne dans les pensionnats les langues, les belles-
A Mosset, le nouveau Maire, Isidore Lavila (1758-
"L'instruction publique est entièrement négligée dans cette commune. Depuis longtemps elle est sans instituteur. Les pères et mères ne connaissant pas par eux-
Je crois que cette mesure réussirait pour encourager des pères à faire instruire leurs enfants, surtout lorsqu'ils ne devraient pas payer une forte somme aux instituteurs.". (2OP2254)
(1) "Marc le franc"Le "marc" était une très ancienne mesure servant principalement à peser les métaux précieux. A une époque où les monnaies étaient souvent manipulées, leur poids en argent était donc essentiellement variable selon les besoins financiers des monarques qui les émettaient. Leur valeur était appréciée par les marchands et par les banquiers par rapport à la valeur du marc d'argent. De nos jours, lorsqu'une vente forcée ne permet pas de désintéresser tous les créanciers d'un même débiteur, l'autorité qui procède aux règlements remet à chacun d'eux un pourcentage du montant de sa créance calculée en fonction du rapport entre la masse totale du passif et le produit net de la vente. Dans le jargon judiciaire, ce procédé est appelé une distribution "au marc le franc".
Le maire Isidore Lavila (1758-
L'accord du jury sera obtenu le 30 septembre 1801 (8 vendémiaire an X).
Lafon – Instituteur en 1820
"L'ordonnance du 29 février 1816 prévoit que chaque commune est "tenue " de pourvoir à ce que les enfants qui l'habitent reçoivent l'instruction primaire, et les indigents, gratuitement.
A partir de 1816, maire et curé sont chargés de la surveillance au sein de comités locaux, cantonaux ou d'arrondissement. En 1824, les instituteurs sont placés sous un contrôle accentué des évêques. Les élections libérales de 1827 permettent de replacer les instituteurs sous la coupe des autorités académiques. "
Lafon ne respecte pas la règle, l’enseignement du latin est le monopole du clergé. Les forces religieuses ne peuvent s’opposer à un enseignement primaire laïque mais elles ne tolèrent aucune emprise au delà.
Le 10/11/1820, le recteur d'Académie écrit au maire (Julien Prats) de Mosset :
"Je suis informé que le Sieur Lafon, instituteur primaire dans votre commune dépasse les bornes de l'enseignement primaire en se permettant d'enseigner dans son école les éléments de la langue latine. C'est une contravention aux lois et règlements de l'université.
Je vous prie de vouloir bien donner ordre à cet instituteur de cesser sur le champ toutes espèces d'enseignement des langues anciennes et s'il n'obtempérait pas à vos ordres de vouloir bien me le faire connaître, auquel cas je ne manquerai pas de révoquer son autorisation spéciale."
Cette interdiction d’enseigner s’est répétée dans les années 1850 à l’encontre du très catholique André Vernet. Voir le paragraphe latin interdit .
L’enseignement privé à Mosset de 1824 à 1834
Mosset dispose probablement de 2 écoles privées autour des années 1830. Julien Cantié (1791) est instituteur dans la première et Joseph Saint-
Julien Cantié est célibataire âgé de 40 ans en 1830. Il possède 2 maisons l’une au 12 Carrer de la Font de las Senyoras et l’autre au 12 Plaça de Dalt. Son école est dans une des deux. Il est le frère de Joseph Cantie (1796-
Joseph Saint-
Pour être instituteur privé il faut avoir non seulement le brevet de capacité mais aussi des locaux adaptés. A ce titre on peut lire "La commune possède une ancienne chapelle qu'on pourrait convertir en salle d'étude pour une école d'enseignement mutuel "
L’instituteur recevait des parents 3 francs par mois et par élève, ce qui ne fait que 30 francs pour 10 élèves.
A quoi correspond le brevet de capacité ?
"L'ordonnance du 29 février 1816 oblige en principe tout maître d'école à être muni d'un " brevet de capacité " : brevet du 3e degré, pour l'obtention duquel il suffit de savoir lire, écrire et compter ; brevet du 2e degré, qui nécessite la connaissance de l'orthographe et du calcul ; ou brevet du 1er degré, qui suppose en outre certaines notions de grammaire, d'arithmétique et d'arpentage. Ces exigences paraissent bien modestes ; et pourtant, en 1833, « de nombreux instituteurs exercent sans aucun brevet.
Les écoles privées de garçons n’ont pas eu beaucoup de succès à Mosset après l’ouverture de l’école publique en 1834. Auguste Bordes et Julien Cantier (1790) ont 13 et 12 élèves. Se ne sont pas des instituteurs suffisamment formés et suffisamment motivés. Ces écoles fermeront avant 1843.