La cabale - Histoire de Mosset

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La cabale

XXe siècle > Guerre de 1939-45 > Municipalité 1939/1944
La cabale de juin 1940 (1)

À partir de mai 1940, les critiques à l’encontre du maire François Pujol (1886-1945) se succèdent. Elles conduiront, 5 mois ^lus tard,  à sa révocation.
Au delà de la situation de guerre qui touche une petite comme comme celle Mosset au sud de la Frabce, deux considérations extérieures vont marquer les événements que va vivre la localité en 1940 ;
1 – Le Pacte germano-soviétique de 1939 qui entraina en France, en guerre contre l’Allemagne, des mesures d'interdiction du Partit Communiste Français.
2 – La volonté du nouveau gouvernement de Vichy de remplacer systématiquement  les municipalités qui ne sont pas dans sa lignée.
Les critiques des opposants
"Les bons français de la commune de Mosset croient de leur devoir de vous sognaler un fait significatif  de la moralité de leur maire et qui jette un jour édifiant sur l'administration dont ils sont victimes depuis de trop longues annnées."
Le ton est donné.
Les faits incriminés qui accusent le maire, Isidore Pujol, sont les suivants :
- La quête au bénéfice de la Croix-Rouge, le vin chaud aux soldats ou l'aide à la Norvège.
- Le ramassage de la ferraille et du papier.
- La formation de la garde territoriale.
- La gestion du budget de l’usine électrique.
- L’établissement de délibérations sans réunir le conseil municipal.
- Des fausses factures.
- L’hébergement et l'aide aux réfugiés belges négligés.
- Le conseil donné à certains démobilisés de juillet 1940 de recevoir l’allocation après leur démobilisation.
- L’injustice et la partialité vis-à-vis de certains administrés.
- Des faveurs pour ses amis politiques et les clients de sa boucherie.
- Etre un communiste notoire, ayant tenu des propos défaitistes et antifrançais.
- Et même, mentionné une seule fois, la prétention de remplacer le secrétaire de mairie démissionnaire par une personne interposée qui en aurait le titre alors que ce serait Mademoiselle Marie Pujol (1918-2009), fille du maire qui ferait le travail.

Isidore Ville (1871-1959),
 En 1940, Isidore Ville, adjudant de gendarmerie, est retraité à Mosset. Il est lié aux Arrous par son mariage avec Marie Arrous qui décède avant la guerre de 14. Il est le beau-frère de Pierre Arrous dit "Pereto guerre" ancien maire de Mosset du début du siècle. IL vient en juin 1940 de démissionner de son poste de secrétaire de mairie.
Par sa profession et par sa position au sein de la municipalité, il est, en principe, le plus objectivement renseigné sur les agissements du maire.
Les intervenants accusateurs
Interviennent directement ou sont cités :
Angèle Arbos (1887-1967), veuve de l'ancien maire de Prades, Jean Arrous. Elle écrit au Préfet comme porte parole des opposants.
Isidore Pailler (1907-1944) nouveau curé de Mosset seul actif pour la récupération de la ferraille..
Isidore Ville (1871-1959), secrétaire de mairie démissionnaire, qui sera entendu par le Sous-Préfet.
Arrous Michel, (1864-1945) de la Carole qui  contèste les conditions de répartition des cartes de pain et qui cite les cas de Cortie Jean (1864-1944), Corcinos Martin (1868-1941), Bruzy Alice (1923), et Salvat Odette (1924-1948).
Joseph Marty (1859-1847) dit " Pouse Polita" ancien maire de Mosset de 1912 à 1919.
Marie Bataille (1890-1979) épouse Néo,  institutrice à l’école Michelet à Perpignan.
Joseph Surjous (1884-1945), cordonnier, pensionné de guerre à 100%.
Enfin des Belges réfugiés : M Leroy Jules né le 7 /12/1887 à Voulx-les-Tournai, M. Zicot Jean né le 16/01/1899 à Farcannes et M Bookmans Guillaume né le 4 /07/1896 à Jette.

 Nota :  On compte en 1940, 56 réfugiès belges à Mosset.
Dans le compte rendu d’un entretien avec Monsieur Boyer Louis commissaire spécial de Prades, directement rattaché au Sous Préfet et qui enquête sur la situation à Mosset, et aussi plus tard, lors d’une entrevue avec le Sous Préfet, on lit ce qui suit.
Le 3 juin 1940, Isidore Ville « nous a déclaré : aussi bien en ce qui concerne la quête au bénéfice de la Croix-Rouge qu’en ce qui concerne toutes les actions demandées par Monsieur le Préfet, Monsieur le maire de Mosset n’en a  organisée aucune et s’en est désintéressé. Monsieur le maire n’a également rien fait, ou fait faire, pour le ramassage de la ferraille, du papier. Pour la formation de la garde territoriale Monsieur le maire opposa son inertie habituelle et ce n’est que sur les instances réitérées de la gendarmerie de Prades qu’il organisa une réunion à la mairie. Cette réunion n'ayant abouti à aucun résultat effectif, Monsieur le maire ne poursuivit par la constitution de cette garde et tergiversa sur le contenu du décret prescrivant la formation de cette garde et c’est l’adjudant de gendarmerie de Prades qui vint organiser une nouvelle réunion pour aboutir à un résultat concret. C’était la troisième fois que la gendarmerie de Prades montait à Mosset.»
Plus tardn  le Sous Préfet écrit : « J’ai reçu dans mon cabinet Monsieur Ville. Il m’a confié les renseignements recueillis sur la gestion financière du maire. D’autre part, sous le sceau du secret, ce fonctionnaire m’a confié que le maire, a coutume d’établir des délibérations sans réunir son conseil municipal.»
Le maire Isidore Pujol se justifie le 3 juin
Devant le commissaire spécial de Prades, le maire Pujol a déclaré pour sa défense :
« Lorsque Monsieur le préfet des Pyrénées orientales donne l’ordre à toutes les communes du département de faire effectuer une quête au bénéfice de la Croix-Rouge, il ne m’a pas été possible d’organiser cette quête dans la commune de Mosset car toute la population travaille dans les champs toute la journée. De plus, ayant demandé à quelques jeunes filles de bien vouloir faire cette quête, celles-ci ont répondu que lorsque une précédente quête faite au bénéfice des soldats, pour le vin chaud, l’argent a été mal employé. Monsieur Ville Isidore, secrétaire de la mairie en ayant seul disposé, sans rendre compte à personne. Dans ces conditions ce n’est pas la peine de nous dévouer.
En ce qui concerne la ferraille, j’ai fait faire la publication que tous ceux qui avaient de la ferraille et qui voudrait la donner ou la vendre viennent se faire inscrire à la mairie et c’est moi même qui est accompagné le camion venu la récupérer.
En ce qui concerne l’hébergement et le ravitaillement des réfugiés belges arrivés dans la commune de Mosset je les ai fait placer provisoirement dans la salle de danse. Je les ai fait grouper par famille et par groupe d’amis afin de faciliter la répartition dans les logements qu’ils devaient occuper. Ils ont aussitôt été placés dans les familles qui les ont hébergés et nourris. J’ai fait dire à tous les réfugiés que ceux qui auraient besoin de quelque chose n’avaient qu’à me le dire et personne ne s’est présenté. Rien n’ayant été demandé la municipalité n’a rien fourni
On notera que le maire n'a pas été interrogé sur les autres critiques qui lui sont adressées. L'enquête officielle du 3 juin reste très partielle.
Propos séditieux mais...  très incertains
Dans sa propre enquête l'adjudant Moné de la gendarmerie de Prades indique en complément: « Bien plus, notre enquête nous a permis de découvrir que Monsieur le maire de Mosset s’était entièrement désintéressé des diverses manifestations d’intérêt national telles que les diverses quêtes au profit des mobilisés et la récupération de la ferraille, ce qui laisse supposer que son dévouement au pays n’est pas  xactement ce qu’il devrait être dans les circonstances actuelles.»
Des propos éminemment séditieux auraient été tenus par le maire ou par ses proches ou ses amis.
« Si les communistes avaient été au pouvoir nous n’aurions pas eu la guerre. »
« Pourquoi ramasser la ferraille qui servira à faire tuer nos soldats. »
« Après tout, le pain d’Hitler est ausso bon que le notre.»
Il ne nous a pas été possible d’en vérifier l’authenticité et aucun témoignage n’a pu être recueilli aux dires de certains habitants de la commune. Monsieur le maire aurait tenu de tels propos parmi ses amis, tous sympathisants politiques qui les auraient… Lui-même étant présent la conversation passant sur des banalités.
Le commissire préfectoral, confirme ce pendant, sans précautions que :"notre enquêtes et divers témoignages recueillies auprès de divers habitants de la localité confirment en tous points le rapport de l’adjudant Moné

La sanction proposée le 12 septembre 1940 par le Sous Préfet.
« L’attitude générale de ce magistrat municipal a déjà donné lieu à de sérieuses critiques et j’ai été amené à faire procéder à une enquête. Elle a permis d’établir que le maire de Mosset s’est complètement désintéressé de diverses manifestations d’intérêt national, telles que les quêtes au profit des mobilisé et la récupération de la ferraille.
Son dévouement au pays a été mis en doute par plusieurs personnes dignes de foi et il aurait tenu des propos répréhensibles.»
Depuis le 21 juin écoulé j’ai été saisi de nouvelles dénonciations émanant d’habitants de Mosset protestant contre les irrégularités constatées dans la gestion du maire.
Le maire établit des délibérations sans réunir son conseil municipal. Monsieur Pujol a établi au nom de Monsieur Jacques Estève (1897 ?), menuiser à Mosset, un mandat de 674 Frans. représentant une fourniture de dents en bois pour l’usine, qui n’aurait pas été effectuée.
Il a, en outre,  établi un mandat de 300 Fr. pour une fourniture de libraires se montant à 238 Frans. »
Le sous-préfet envisage un contrôle des comptes du maire, contrôle qui n’a probablement jamais été réalisé.
Il estime avoir suffisamment d’éléments à charge pour juger que, « ce maire conteste les faits qui lui sont reprochés et n’avoue que des négligences. Je suis d’avis qu’une sanction devrait lui être appliquée.
L’attitude du maire de Mosset, tant au point de vue national qu’en ce qui concerne la gestion des intérêts municipaux, a fait naître chez la plupart de ses administrés un sentiment de défiance.
J’estime :
1 - qu’une vérification sur place des comptes du maire de Mosset doit être ordonnée.
2 une sanction doit être prise à son égard.
Une mesure de suspension ou même de révocation. S’il est établi que Monsieur Pujol a commis des malversations."

Le maire Isidore Pujol inconnu à Mosset en 1940
Le 3 octobre à 14 heures, le maire ne peut accéder au burau de Poste pour téléphoner sans présenter une pièce d’identité.

Une analyse officielle démesurée
Dans un rapport politique sur l'Arrondissement de Prades  de ces années 40, on peut lire une analyse des rapports qui ont provoqués les dissolutuibs des conseiles municipaux. Concernant Mosset :
"Mosset : le maire de Mosset, Monsieur Pujol ayant été relevé de ses fonctions par arrêté ministériel en date du 9 octobre 1940 pour propos anti nationaux déssence nettement communistes et irrégularités commises dans l’exercice de ses fonctions, il n’a pas été possible de le maintenir en fonction, le conseil municipal qui, de tendance nettement socialo-communiste, se solidarise avec lui. Il fut dissous par arrêté ministériel en date du 1er décembre 1940."
Ont aussi été dissous, pendant cette période kes conseils de : Taurinya, Fontrabiouse, Ria, Velmanyan, Rodez,Molitg,Urbanya, Serdinya, Corneilla-de-Conflent,  Fillols
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Référence : ADPO  41 W 62940 - 41 W 62
 
Mis à jour le 03/02/2017
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