Mosset 1957 - Histoire de Mosset

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Mosset 1957

XXe siècle > Anecdotes
Billet de René Gotanègre* de l'été 1957
ou  le "rigou-rigou"
La commune de Mosset compte 384 habitants à demeure mais durant la saison d'été cette population est quadrúplée, sans compter les colonies de vacances et les campeurs éparpillés dans la natura.
Les estivants sont ou propriétaires d'un immeuble ,ou locataires d'un appartement ou d'une maison, il y a aussi les mossétans que leurs occupations retiennent toute l'année à la ville et qui viennent passer les congés dans leur famille.
Nous autres Mossétans sommes particuliérement fiers de constater combíen notre village et notre vallée sont attirants, puisque à deux ou trois exceptions prés, ce sont toujours les mêmes personnes qui nous reviennent d'année en année ; et combien de demandes de location qui restent non satisfaites.
Les distraction ? Elles sont nombreuses ; il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts du plus simple au plus exigeant, depuis le lever du jour jusqu'aux heures trés avancées de la nuit.
Il y a d'abord le ramassage des escargots, qui prend pour certains une importance capitale, puisque de l'aveu de certains estivants eux-mémes, ils réussissent avec le produit de leur chasse à se payer entiérement les vacances; ensuite il y a la pêche, bientôt la chasse, la vraie; la cueillette des fraises des bois, des framboises, des champignons de toute sorte, et il y a ancore les excursions, les cargolades, les baignades et le cinéma de plein air.
Tout celà est fort bien pour les personnes d'âge mûr, me direz-¬vous, mais les jeunes ?

Les jeunes** ? Ils ont d'abord les danses tous les soirs jusqu'a 23 heures,et après il ne leur manque pas de fines distractions, telles que le décrochage des fils de fer à sécher le linge, la rupture des circuits électriques pour priver tout un quartier de lumiére, le bris d'ampoules, le barbouillage des panneaux publicitaires et de la carrosse¬rie du car ou d'une voiture partculiére, et ensuite le fameux "rigou-rigou" vous savez, le gros caillou que l'on attache à une porte et que l'on tire par une trés longue corde, de loin... bien entendu.
Evidemment, ïls empéchent de dormir les braves gens fatigués de leur dur travail journalier, mais que voulez-vous, nous qui sommes de simples villageois, nous restons ébahis devant ces jeunes citadins si délurés, si spirituels, si drôles qui savent si bien s'amuser, ces existenti¬alistes au petit pied ; au lieu d'aller nous reposer la nuit, nous devrions nous joindre à eux pour aller tirer la ficelle et faire du bruit aus portes des maisons vides.
J'ai proposé aux habitants de la commune de nous retirer dans la montagne pendant ces deux mois de vacances et d'abandonner complè¬tement le village à cette jeunesse qui porte si intelligemment le flam¬beau du progrés et qui a l'avenir de l'humanité dans ses gibernes ; je suis sûr qu'au retour, notre village serait tellement changé que nous ne le reconnaîtrions pas.
Voilà ce que je voulais dire, car il faut que vous sachiez qu'à Mosset on ne manque pas de distractions, qu'on s'amuse et qu'on sait s'amuser.

* Ce billet trouvé dans les archives de la mairie n'était pas signé.  Tout porte à croire qu'il est de René Gotanègre (1897-1961), secrétaire de mairie et correspondant du journal l'Indépendant.
** Les jeunes de 1957 avaient environ 17 ans. Ils ont donc aujourd'hui de 60 à 64 ans. Certains se reconnaîtront !



 
Mis à jour le 11/11/2017
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