Le vingtième siècle d'un village pyrénéen - Première évolution - Histoire de Mosset

Rechercher
Aller au contenu

Menu principal :

Le vingtième siècle d'un village pyrénéen - Première évolution

Divers > Bibliographie > Bousquet Jean


PREMIÈRE ÉVOLUTION

Je ne vais pas parler de révolution mais presque. En 1906, le Conseil Municipal décide la construction d'une véritable école. Mosset aura enfin un groupe scolaire digne de ce nom. Il faut dire qu'à cette époque le village compte entre 130 et 140 enfants en âge d'être scolarisés. Il sera donc décidé de construire un ensemble comprenant une école de garçons et une école de filles. La mixité sera pour plus tard. Finalement, on va s'apercevoir qu'un aussi grand nombre d'enfants ne peut être contrôlé seulement par deux maîtres et, en 1909, il est décidé d'adjoindre, aux deux classes prévues, une classe enfantine.

Cette magnifique école sera mise en service à la rentrée de 1909. Depuis 90 ans elle n'a pas changé. Située sur la route, à la sortie du village, on peut encore lire sur son fronton, à gauche ÉCOLE DE GARÇONS, à droite ÉCOLE DE FILLES, l'école enfantine ayant la même entrée que cette dernière. Désormais des générations vont venir s'instruire en ce lieu et les cours de récréation et les préaux vont retentir de cris d'enfants durant tout le vingtième siècle. L'école est toujours en fonction de nos jours et toujours animée par deux maîtres grâce au regroupement des enfants des deux communes voisines : Campome et Molitg. Elle a connu une fréquentation tellement basse qu'elle a failli être fermée dans les années 70/80. Grâce au regroupement elle a donc été maintenue et j'apprends que son nom va changer pour devenir désormais "l'école des trois villages".

Presque à la même époque, en 1906, Mosset qui a connu dans le passé l'exploitation du fer, à travers quelques forges installées le long de la vallée, mais qui, les unes après les autres, se sont éteintes, va connaître une nouvelle exploitation : celle du talc.

Cette nouvelle industrie atteindra son apogée dans les années 30 grâce à l'Entreprise Chefdebien.  Le talc extrait des mines à ciel ouvert du Caillau est transporté, d'abord à travers la forêt jusqu'au col de Jau pour emprunter la route vers Prades; plus tard jusqu'à Cobazet par un petit train à wagonnets roulant sur voie étroite. De Cobazet des bennes, sur câble aérien, vont le descendre jusqu'à la forge d'où il sera transporté jusqu'à Prades par la route. Par rapport au Col de Jau, le charroi gagne ainsi dix km, c'est un gain appréciable à une époque où on n'utilise que les chevaux. Ce transport se fera donc à l'aide de charrettes tirées par deux chevaux percherons. Trois rouliers assureront le transport : Pierre Ville, Jean Grau et Augustin Babulet. Tous les jours, il fallait partir du village, monter vers le Col de Jau sur 4 km, charger et descendre jusqu'à Prades, soit 16 km et remonter à Mosset, encore 12 km. Après çà hommes et bêtes ne pouvaient qu'aspirer à un repos bien gagné.

Dans les années 30 le charroi sera abandonné au profit du camion qui remplacera sans effort les trois charretiers.

Mais l'exploitation du talc, qui occupe plusieurs ouvriers mossétois, ne peut se faire que durant la belle saison. En effet, la mine se situe à près de 1500 m d'altitude et l'enneigement hivernal ne permet les travaux qu'à partir du Printemps.

Toujours à la même époque, nous ne sommes que dans la première décennie du siècle, François Ecoiffier, industriel électrique, va proposer à la commune une étude pour l'électrification du village. Cattlar, le village le plus bas de la vallée, est déjà électrifié, mais la plupart des villages du département s'éclairent toujours à la bougie ou à la lampe à pétrole.

En 1910 la Municipalité, dont le maire est Pierre Arrous, demande un emprunt pour la construction de l'usine électrique et, en 1911, la construction en sera confiée à la S.A. des Ateliers de Construction et Fonderies de Castres. Bien entendu cette usine doit fonctionner à la "houille blanche" et le barrage sera construit sur le terrain de "la Forge d'en bas".

L'usine est prévue pour alimenter 300 lampes de 16 bougies (unité d'éclairage de l'époque qui devait correspondre au watt) dont 48 lampes municipales et 2 lampes à arc pour la place. Mise en service prévue : octobre 1911.

Les délais seront respectés. Le barrage sur la Castellane amènera l'eau jusqu'à l'usine où la chute d'eau entraînera la turbine quelque 200 m plus bas. Sauveur Moné est chargé de l'ouverture et de la fermeture des vannes, l'usine ne fonctionnant que la nuit puisqu'il ne s'agit que d'éclairage.

Nous voyons donc qu'en quelques années ce vieux village est sorti de sa léthargie et tout va bouger.

Hélas ! En ce qui concerne l'usine électrique, les mossétois vont vite s'apercevoir qu'il est très difficile de la faire fonctionner au plus fort de l'été. L'irrigation intensive met la rivière à sec et donc plus de chute d'eau pour alimenter la turbine. Heureusement, en été les journées sont longues, il fait jour très tard et on se contentera, du moins provisoirement, de la bonne vieille lampe à pétrole. Plus tard, on tâchera de pallier cet inconvénient car pour le moment des difficultés majeures se profilent à l'horizon.

En effet, nous arrivons en 1914 et le grand conflit mondial qui va ensanglanter l'Europe va être ressenti au village d'une terrible façon.

 
Mis à jour le 03/02/2017
Retourner au contenu | Retourner au menu